Le président du Ghana John Mahama devrait présenter le mercredi 25 mars 2026 un projet de résolution devant l’Assemblée générale de l’ONU. Le texte vise à reconnaître la traite transatlantique des esclaves comme le crime le plus grave contre l’humanité. La date retenue coïncide avec la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique.
L’annonce officielle a été faite le 19 mars par le ministère ghanéen des Affaires étrangères. Selon le communiqué gouvernemental, la résolution décrit la rupture profonde que la traite a provoquée dans l’histoire mondiale. Elle en souligne l’ampleur, la durée, le caractère systémique et les conséquences encore visibles aujourd’hui sur les plans économique et social.
Si elle est adoptée, cette résolution sera la première en quatre-vingts ans d’existence des Nations Unies à traiter exhaustivement de l’esclavage transatlantique. Le texte officiel précise que son adoption « préserverait la vérité historique comme fondement de la justice et de la réconciliation ». Pour Accra, nommer cette réalité constitue le point de départ d’une prise de conscience des inégalités structurelles liées aux asymétries de la dette et aux écarts de développement.
Le Ghana agit en qualité de champion de l’Union africaine sur les réparations. Selon Reuters, le pays travaille en collaboration avec la CARICOM et les populations d’origine africaine dans le monde entier. L’opposition de certains pays européens est attendue, bien qu’Accra espère un soutien large au sein de l’Assemblée générale.
John Mahama avait annoncé ce projet lors de son discours à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale en septembre 2025. Il l’avait également porté au sommet de l’Union africaine en février 2026. Son prédécesseur, Nana Akufo-Addo, avait déjà appelé en novembre 2023 à construire un front commun pour obtenir des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation.
La traite transatlantique s’est étendue sur plus de quatre siècles. L’UNESCO estime qu’entre quinze et vingt millions d’Africains ont été arrachés à leurs terres et déportés vers les Amériques et les Caraïbes. Leurs descendants continuent d’en subir les conséquences sociales et économiques.
Le gouvernement ghanéen prévoit de prolonger cet effort dans le cadre de la Décennie d’action de l’UA sur les réparations et le patrimoine africain, couvrant la période 2026-2036. La veille du vote, une cérémonie de dépôt de gerbes a eu lieu au monument du cimetière africain de New York.
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