Le Conseil des ministres du Burkina Faso a validé, le 19 mars 2026, un accord de prêt avec le Fonds africain de développement. Cet accord avait été signé le 9 février dernier. Il porte sur un montant de 60 millions d’unités de compte, soit 46,14 milliards de francs CFA.
Ce financement provient du guichet concessionnel du groupe de la Banque africaine de développement. Il est destiné au Projet d’appui au secteur des transports, désigné sous le sigle PAST. L’objectif principal est d’améliorer les infrastructures routières dans un pays sans accès à la mer.
Au Burkina Faso, l’enclavement de nombreuses localités freine les échanges économiques. Plusieurs zones rurales restent difficilement accessibles, surtout en saison des pluies. Le PAST entend réduire cet isolement en renforçant les capacités d’entretien du réseau existant.
Contrairement à d’autres projets axés sur la construction de nouvelles routes, celui-ci mise sur la maintenance. Cinq brigades d’engins de travaux publics seront acquises pour intervenir sur le terrain. Des travaux d’entretien périodique permettront de préserver l’état du réseau actuel.
Le projet prévoit aussi le renforcement des systèmes de gestion de la maintenance. Des techniciens et des ouvriers seront formés pour exploiter les équipements. Des garages et ateliers de maintenance seront construits ou réhabilités pour assurer la durabilité des investissements.
Ces choix traduisent une évolution dans les politiques d’infrastructure. Plutôt que d’étendre le réseau, les autorités cherchent à optimiser ce qui existe déjà. Cette orientation correspond aux recommandations de la BAD pour les pays à faibles ressources budgétaires.
Les retombées attendues vont au-delà du secteur des transports. La création d’emplois locaux, la réduction des coûts logistiques et le développement des marchés régionaux figurent parmi les effets escomptés. Selon la BAD, chaque dollar investi dans les routes africaines génère plusieurs fois sa valeur en activité économique.
Le Burkina Faso traverse depuis 2021 une période d’instabilité politique et sécuritaire. Dans ce contexte, l’accès aux zones rurales revêt aussi une dimension humanitaire. Plusieurs localités du nord et de l’est du pays sont difficiles à atteindre pour les convois d’aide.
Ce financement s’ajoute à d’autres soutiens de la BAD au pays. En 2023, le groupe avait déjà financé des projets agricoles et énergétiques au Burkina Faso, selon des données publiées par l’institution.
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