Les autorités burkinabè ont exprimé leur « reconnaissance » au Togo qui a extradé à Ouagadougou l’ancien président de transition, l’ex-lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch.
M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 lors un coup d’Etat contre le président élu de l’époque, Roch Kaboré, avant d’être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir.
Parti en exil au Togo, il est régulièrement accusé par la junte de Ouagadougou d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière au début du mois de janvier.
L’ex-lieutenant-colonel a été arrêté à Lomé le 16 janvier, puis remis le lendemain aux autorités burkinabè, après que la cour d’appel de Lomé a donné un avis favorable à la demande d’extradition formulée par Ouagadougou.
« C’est le lieu de traduire, au nom du gouvernement du Burkina Faso, toute notre reconnaissance aux autorités de la République du Togo pour cette parfaite coopération judiciaire qui illustre les bonnes relations entre nos deux Etats », a déclaré le ministre burkinabè de la Justice, Maître Edasso Rodrigue Bayala, dans un communiqué consulté mercredi par l’AFP.
M. Damiba est poursuivi pour « des faits de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement illicite criminel, de corruption, d’incitation à la commission de délits et crimes, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux », a-t-il ajouté.
Me Bayala indique que le Burkina a eu recours à la « coopération pénale internationale » entre le Togo et le Burkina en vue d’obtenir l’extradition de M. Damiba.
Lomé entretient de bonnes relations avec le Burkina, le Mali et le Niger, tous gouvernés par des juntes putschistes, qui forment la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), et occupe une position stratégique grâce à son accès à la mer dont les trois pays sahéliens sont privés.
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