Les relations entre l’Algérie et les États-Unis traversent une période difficile.
Et pour cause, le Département d’État américain vient de publier un rapport sévère sur la situation des droits humains en Algérie.
Le document officiel n’y va pas de main morte. Il dénonce de nombreuses violations commises par les autorités algériennes en 2024.
Selon le360, la réputation de l’Algérie continue de se dégrader sur la scène internationale. Après plusieurs rapports critiques d’experts des Nations Unies, c’est maintenant l’administration américaine qui dénonce publiquement le régime algérien.
Le rapport du Département d’État américain présente un tableau peu reluisant de la situation en Algérie.
Les autorités américaines documentent de multiples violations des droits fondamentaux. Ces accusations touchent tous les domaines de la société algérienne, depuis la liberté d’expression jusqu’au traitement des journalistes.
Le document officiel américain liste des pratiques inquiétantes. Il mentionne « des informations crédibles faisant état de disparitions; tortures et traitements cruels, inhumains ou dégradants; arrestations et détentions arbitraires; graves restrictions à la liberté d’expression et à la liberté des médias, notamment violences ou menaces de violence contre des journalistes, arrestations et poursuites injustifiées de journalistes, et censure », selon les termes exacts du rapport.
L’affaire de l’écrivain français Boualem Sansal semble être le cas le plus palpable de ces accusations.
« Le 16 novembre (2024), les autorités ont arrêté l’écrivain français Boualem Sansal pour terrorisme, accusé d’atteinte à l’intérêt national et d’atteinte à l’intégrité du territoire national », précise le rapport américain. Son seul crime était d’avoir évoqué des questions frontalières historiques entre l’Algérie et le Maroc dans un magazine français. Cette accusation était passible de la réclusion à perpétuité.
Les médias algériens subissent également une répression systématique selon Washington. Le cas de Mustapha Bendjama, ancien rédacteur en chef du journal indépendant « Le Provincial », démontre cette politique.
Il fait face à deux poursuites pénales distinctes. La première concerne son aide présumée à la journaliste Amira Bouraoui pour fuir vers la France. La seconde l’accuse de réception de fonds étrangers et d’espionnage.
D’autres journalistes vivent des situations similaires. Farid Allilat, journaliste algérien, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire algérien le 14 avril 2024. Les autorités l’ont refoulé vers Paris dès son arrivée à Alger sans justification légale, selon le rapport américain.
La répression ne se limite pas au territoire algérien. Les États-Unis dénoncent aussi la « répression transnationale » pratiquée par Alger. Le rapport impute 24 crimes transnationaux au régime algérien entre 2020 et 2024.
Les communautés minoritaires souffrent également de discriminations. Le document américain évoque des actes antisémites contre la petite communauté juive d’Algérie. Les militants amazighs, qui défendent la culture berbère, font aussi l’objet d’exactions selon les autorités américaines.
Toujours selon le360, face à ces accusations internationales, l’Algérie tente de redorer son image. Le président algérien a publié un décret levant toutes les réserves sur la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).