L’Afrique subsaharienne va importer jusqu’à 26175 milliards de produits alimentaires

Afrique subsaharienne

Crédit photo : DR

Les pays de l’Afrique subsaharienne consacreront 65 milliards de dollars (26175 milliards de francs CFA) à l’achat, donc l’importation de denrées alimentaires cette année.

Ce montant représente une progression de 4 % comparé aux dépenses de 2024, selon les dernières estimations de la FAO rendues publiques le 13 novembre dans son rapport semestriel sur les Perspectives alimentaires.

La région confirme ainsi une trajectoire ascendante entamée il y a trois ans. Les produits céréaliers – blé, riz, orge et farine de blé principalement – absorbent 21,9 milliards de dollars, soit le tiers de cette facture. Les huiles comestibles arrivent en deuxième position, suivies des produits de la mer, du sucre et des boissons. Ces quatre catégories totalisent à elles seules 23,4 milliards de dollars.

Bref, la plupart des catégories de denrées voient leurs coûts augmenter. Seules exceptions notables : les céréales, le sucre et la viande. L’organisation onusienne relève que les tensions sur l’offre mondiale d’huiles végétales expliquent en partie cette inflation. La production d’huile de palme devrait enregistrer une faible progression. Par ailleurs, les pays à revenu intermédiaire et élevé maintiennent une demande forte pour le poisson, les fruits et les légumes.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement planétaire. À l’échelle mondiale, les importations alimentaires atteindront 2.220 milliards de dollars en 2025, en hausse de près de 8 %. Les pays développés supportent l’essentiel de cette augmentation, notamment à cause de l’envolée des prix du café et du cacao. Les intempéries au Brésil, en Indonésie, au Vietnam pour le café, en Côte d’Ivoire et au Ghana pour le cacao ont contribué à cette flambée des cours.

Les nations les moins avancées subissent une situation particulière. Leurs dépenses pour les huiles animales et végétales bondissent de 58 % par rapport à 2024. Selon le rapport, « la volatilité météorologique, l’incertitude géopolitique et des conditions financières difficiles maintiennent le risque de coûts à l’import élevés, particulièrement pour les régions vulnérables ».

En Afrique subsaharienne, cinq pays concentrent l’essentiel des achats alimentaires à l’étranger. L’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Éthiopie, le Kenya et la Côte d’Ivoire occupent les premières places de ce classement établi par la CNUCED en juillet dernier. Ces économies portent le poids d’une dépendance qui révèle les limites de la production locale face à une demande croissante.

La région compte environ 17,4 % d’enfants de moins de cinq ans dans sa population totale. Cette structure démographique jeune, conjuguée à une urbanisation rapide, alimente la demande en produits transformés. Les céréales importées répondent aux besoins des villes en pleine expansion. Les producteurs locaux peinent à suivre le rythme, malgré des performances remarquables ces dernières décennies.

Enfin, la question du financement de ces importations se pose avec acuité. Les devises mobilisées pour acheter du blé ou de l’huile échappent aux investissements dans les infrastructures agricoles. Cette réalité économique dessine les contours d’un défi durable pour les économies subsahariennes.

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