L’Afrique en souffrance à cause de la guerre au Moyen-Orient

Afrique

Crédits photo : Wikipedia

Le conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran depuis fin février 2026 a fermé de fait le détroit d’Ormuz aux tankers et ce n’est pas sans conséquences pour l’Afrique. Ce passage stratégique achemine environ 70 % du kérosène importé par l’Afrique, selon S&P Global. Le résultat est immédiat : les prix s’envolent et les stocks fondent.

En Afrique du Sud, le prix du kérosène a bondi de 70 % en une seule semaine dans les aéroports côtiers. La compagnie à bas coûts FlySafair a chiffré le surcoût à environ 35 000 rands par heure de vol, soit plus de 2 000 dollars, pour chacun de ses 37 Boeing 737-800. Le carburant représente entre 50 % et 55 % de ses coûts directs d’exploitation.

Sur le terrain, la volatilité des prix crée des situations inédites. Jannie de Klerk, directeur exécutif des opérations chez National Airways Corporation, a confié à Reuters : « Vous atterrissez dans des aéroports d’Afrique australe, occidentale ou orientale et vous négociez les prix à l’arrivée. Le temps d’arriver sur place, le prix a déjà changé. »

Il cite un vol entre Lanseria et Le Cap via Sainte-Hélène. Le kérosène a progressé de six à vingt-quatre rands le litre en dix heures. L’aller et le retour n’avaient pas le même prix.

Les stocks inquiètent autant que les prix. L’Afrique du Sud dispose de trois à quatre semaines de réserves, selon le Board of Airline Representatives. Le Kenya affichait environ cinquante jours de stocks au 10 mars. La Zambie, elle, ne dispose que de dix jours de réserves. Le gouvernement zambien a mis en garde contre les achats de panique.

Le directeur général d’Airlink, de Villiers Engelbrecht, a confirmé que sa compagnie est approvisionnée jusqu’à fin avril. Au-delà, l’incertitude domine. « Les ajustements de prix brutaux ont tendance à être immédiats, tandis que les pénuries de stocks sont plus prévisibles », a-t-il déclaré à Reuters.

La faiblesse des capacités de raffinage aggrave la dépendance africaine aux importations. Sur le continent, les raffineries sont peu nombreuses et de taille modeste. En Afrique du Sud, seules deux installations sont encore actives : Natref, appartenant à Sasol, et Astron Energy, contrôlée par Glencore. Deux sites plus importants ont fermé en 2020 et 2022.

Le cabinet de conseil CITAC place le Kenya, Madagascar et l’Afrique du Sud parmi les pays les plus exposés aux pénuries. Leur forte dépendance aux produits raffinés importés les rend vulnérables à toute perturbation des routes maritimes.

Pour faire face, les compagnies adaptent leurs contrats. NAC a introduit des clauses lui permettant de répercuter les hausses en cours de route. FlySafair a instauré des surcharges temporaires comprises entre 101 et 367 rands selon les vols. Airlink envisage de réduire la capacité de certains vols pour limiter les coûts variables.

Le pétrole brut Brent a clôturé à 112,19 dollars le baril vendredi, son niveau le plus élevé depuis l’été 2022. À ce rythme, les billets d’avion en Afrique devraient continuer de grimper dans les semaines à venir.

Voir aussi : Les États-Unis mettent des drones à disposition de ce pays d’Afrique de l’Ouest

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