Le nouveau rapport semestriel sur les marchés mondiaux de la FAO indique que l’Afrique échappe à la baisse de la production de riz dans le monde.
Pourquoi une baisse de la production mondiale de riz ?
La production mondiale de riz devrait reculer de 1,6 % par rapport au niveau record de 2025-2026 pour s’établir à 552,4 millions de tonnes.
Toutes les régions du monde, à l’exception de l’Afrique, devraient enregistrer une baisse de leur production par rapport à la campagne précédente.
2 raisons majeures permettent d’expliquer la diminution de la production de riz dans le monde.
1- El Niño
Selon la FAO, la première raison est le phénomène El Niño.
El Niño est un phénomène climatique qui réchauffe anormalement les eaux de l’océan Pacifique et perturbe le climat dans de nombreuses régions du monde.
Il provoque par exemple des sécheresses et des inondations. Cela a donc des conséquences directes sur la production du riz, du blé, etc.
2- Les conditions de production
Dans son rapport, la FAO souligne que le second facteur concerne la rentabilité du secteur rizicole. De nombreux producteurs font face à une hausse de leurs coûts de production, ce qui réduit leurs bénéfices.
Cette pression financière s’explique notamment par l’augmentation du prix des engrais, du carburant et du transport.
Il s’agit là d’une suite logique des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Quel continent arrive à mieux gérer la baisse de production de riz ?
Selon la FAO, l’Asie arrive à gérer la baisse de production de riz. Le continent va réussir grâce 3 choses :
- Des réserves d’eau pour l’irrigation (On peut cultiver même pendant la sécheresse due à El Nino)
- des programmes de soutien existants
- renforcement des aides aux intrants agricoles
Ces mesures pourraient « limiter le recul et permettre de maintenir une production globalement abondante », estime la FAO.
Les conséquences de la baisse de la récolte mondiale du riz
Généralement, quand il y a une baisse de récolte, on pense directement à une pénurie ainsi qu’à une flambée du prix du riz. Qu’en-est-il ?
1- La baisse de la récolte mondiale va-t-elle entraîner une pénurie ?
Selon la FAO, la baisse de la récolte mondiale de riz ne devrait pas entraîner ni une pénurie ni une flambée durable des prix.
En effet, même si la production recule et que la consommation reste élevée, les importants stocks accumulés avant la campagne 2026-2027 jouent un rôle de tampon et devraient constituer un solide filet de sécurité pour le marché mondial.
Ces réserves restent élevées, avec environ 213,8 millions de tonnes attendues, soit le deuxième niveau le plus important jamais enregistré.
2- Vers une flambée du prix ?
Le commerce international du riz devrait également diminuer de 2,1 % en 2026 (janvier-décembre) pour atteindre 59,8 millions de tonnes.
Cette baisse s’explique notamment par l’amélioration de l’offre grâce à des récoltes abondantes ou à des importations massives réalisées auparavant, ce qui pourrait réduire les besoins des pays traditionnellement importateurs.
Du côté des exportateurs, la baisse des achats de certains grands clients et la concurrence accrue sur les marchés pourraient entraîner une diminution des exportations du Cambodge, de la Chine, du Pakistan et des États-Unis. À l’inverse, le Brésil, le Myanmar, l’Uruguay, le Vietnam et surtout l’Inde devraient augmenter leurs expéditions.
Après avoir atteint son plus bas niveau depuis huit ans et demi en novembre 2025, le prix international du riz a légèrement rebondi sous l’effet de la baisse de la pression liée aux récoltes, d’une demande soutenue pour les variétés parfumées et japonica, ainsi que de la hausse des coûts dans les pays exportateurs.
Cependant, l’abondance des disponibilités exportables et les perturbations commerciales dans le golfe Persique ont limité cette remontée des prix. Cette tendance se reflète dans l’Indice FAO des prix du riz.
Malgré une hausse de 6,6 % depuis octobre 2025, l’indice s’est établi en moyenne à 104,8 points en mai 2026, un niveau qui reste inférieur de 1,4 % à celui enregistré un an auparavant.