La justice russe a désigné lundi le groupe punk contestataire Pussy Riot comme étant une « organisation extrémiste » et a interdit « ses activités dans la Fédération de Russie », a indiqué un tribunal de Moscou sur Telegram.
Le collectif féministe s’oppose depuis des années à Vladimir Poutine à travers des oeuvres artistiques percutantes. Il s’est notamment fait connaître en 2012 avec une « prière punk » demandant à la vierge Marie de « chasser » le président russe, chantée dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.
La décision du tribunal était attendue par les membres du groupe.
« Ces idiots y travaillent depuis des années, au moins depuis 2012 », a écrit Nadya Tolokonnikova dans un message publié dimanche sur le compte X du groupe, accompagné d’un extrait d’une interview donnée en 2012 depuis une colonie pénitentiaire où elle avait été envoyée après avoir participé à la « prière punk ».
« La loi est faite pour effacer Pussy Riot de l’esprit des citoyens russes », a déclaré le groupe sur son compte Facebook début décembre, en amont de cette décision judiciaire.
« Cela fait des années que nous sommes radioactives, mais être désigné comme une organisation extrémiste donne à l’Etat davantage de moyens juridiques pour punir les gens pour n’importe quelle connexion avec nous », a indiqué le groupe, se disant inquiet pour « la sécurité des soutiens de Pussy Riot qui ne peuvent pas quitter la Russie ou qui choisissent d’y rester ».
Ses membres, dont beaucoup ont été condamnés à de la prison pour leur activisme et vivent aujourd’hui en exil, s’opposent également à l’offensive russe contre l’Ukraine.
En 2021, Maria Aliokhina, menacée d’une peine de prison, avait réussi à quitter clandestinement la Russie déguisée en livreuse de repas.
Le groupe rejoint désormais sur la liste russe des « terroristes et extrémistes » l’Anti-Corruption Foundation de l’opposant défunt Alexeï Navalny, la compagnie Meta, et le « mouvement international LGBT ».
Cette qualification permet de mobiliser un large arsenal juridique pour museler toute critique à l’égard du pouvoir en Russie.
En novembre, un homme avait été reconnu coupable « d’extrémisme » LGBT+ par un tribunal un an après sa mort.
© Avec l’Agence France-Presse