La dette est souvent perçue comme le talon d’Achille du développement africain. Elle entrave la capacité des nations à investir dans leur propre avenir.
Pourtant, au milieu de ce défi persistant, des pays africains arrivent à s’en sortir. On peut citer l’Éthiopie qui se distingue par son engagement résolu à rendre sa dette soutenable.
En effet, alors que de nombreux pays africains peinent à alléger le fardeau de leurs emprunts, l’Éthiopie s’affirme comme un exemple de gestion prudente.
Loin derrière l’exploit du Nigeria, qui a réussi à rembourser l’intégralité de sa dette au FMI, Addis-Abeba trace sa propre voie. Elle réduit progressivement mais de façon constante son endettement.
Modèle africain de gestion de la dette
Lors d’une session parlementaire tenue le 3 juillet 2025, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed Ali, a parlé des exploits de son pays.
« Rien que cette année, l’Éthiopie a remboursé 92 milliards de birrs de dette », a-t-il annoncé.
Plus impressionnant encore, il a souligné que « au cours des sept dernières années, aucun nouveau prêt commercial n’a été contracté ».
Pour lui, cela témoigne d’un « engagement fort en faveur d’un emprunt responsable ». Une tendance que le gouvernement entend bien maintenir.
3,5 milliards de dollars de prêts annulés
En matière de réduction de la dette, la bonne étoile sourit à l’Ethiopie. La veille de la session parlementaire, le 2 juillet, en France, le ministère des Finances éthiopien a signé l’accord final de restructuration de sa dette.
« Grâce à cet accord, 3,5 milliards de dollars de prêts contractés par les gouvernements précédents ont été annulés, réduisant ainsi considérablement le fardeau de la dette de l’Éthiopie », a précisé Abiy Ahmed.
Pour le Premier ministre, il s’agit d’une « étape cruciale vers le rétablissement de la stabilité macroéconomique et le renforcement de la résilience financière à long terme. »
Réformes macroéconomiques pour une économie résiliente
La stratégie éthiopienne ne se limite pas à la seule gestion de la dette. Elle s’inscrit dans un programme de réformes macroéconomiques plus large et plus profond, essentiel pour transformer l’économie du pays. Abiy Ahmed Ali a détaillé les défis auxquels l’Éthiopie a dû faire face.
D’une part, le pays faisait face à des déséquilibres macroéconomiques : un chômage élevé, une inflation persistante et des déficits commerciaux significatifs.
D’autre part, l’environnement des affaires défavorable du pays ne l’avantageait pas. Le secteur privé peinait à s’épanouir, freinant l’investissement et la croissance.
Enfin, le pays connaissait une faible productivité sectorielle. Les secteurs agricole et industriel manquaient de dynamisme, compromettant la compétitivité globale.
Pour faire face à ces différents défis, le gouvernement a entamé des reformes qui portent actuellement des fruits.
« La résolution de ces problèmes fondamentaux était essentielle au rétablissement de la stabilité macroéconomique », a affirmé le Premier ministre.
En misant sur ses ressources naturelles et son potentiel agricole pour générer des revenus et diversifier son économie, l’Éthiopie ne se contente pas de réduire sa dette ; elle bâtit les fondations d’une croissance durable et inclusive.
Cette approche holistique, combinant discipline budgétaire et réformes structurelles, positionne l’Éthiopie comme un acteur clé dans la quête de l’autonomie financière et du développement durable sur le continent africain.