La Côte d’Ivoire vient de signer un nouvel accord d’un montant de 272 milliards avec les États-Unis. En effet, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a paraphé ce mardi 30 décembre 2025 à la Primature un protocole d’accord sanitaire de 487 millions de dollars, donc l’équivalent de 272 milliards de francs CFA avec le pays de l’Oncle Sam. L’ambassadrice américaine Jessica Ba Davis conduisait la délégation venue sceller le partenariat qui engage dorénavant Abidjan à cofinancer 60 % du montant global d’ici 2030.
Notons que ces milliards vont être utilisés dans quatre domaines en vue. Le VIH/Sida arrive en tête. Ensuite le paludisme, la santé maternelle et infantile, enfin la sécurité sanitaire mondiale. Cette enveloppe de 272 milliards de francs CFA remplace les anciens mécanismes d’aide de l’USAID, l’agence américaine de développement aujourd’hui démantelée par l’administration Trump.
Concrètement, Abidjan devra mobiliser 163 milliards de francs CFA sur ses ressources propres.
Ce faisant, le gouvernement ivoirien réaffirme sa volonté de construire un système sanitaire souverain, selon les termes du communiqué officiel. De plus, cette logique répond aux nouvelles exigences de Washington, qui privilégie désormais l’autonomie financière des pays bénéficiaires plutôt que la dépendance aux financements extérieurs.
La Côte d’Ivoire rejoint une liste de plus d’une dizaine de pays africains ayant conclu des accords similaires ces dernières semaines. Le Liberia, le Rwanda, l’Ouganda ont signé avant elle. Cette série de protocoles découle de la stratégie « America First Global Health », présentée en septembre 2025 par le département d’État américain.
Les avancées sanitaires récentes d’Abidjan peuvent justifier cette confiance américaine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) relève une baisse de la mortalité liée au VIH et au paludisme.
La Couverture Maladie Universelle compte désormais 21 millions d’inscrits et 15 millions de cartes produites fin octobre 2025, d’après les chiffres du ministère de la Santé. Mais des lacunes persistent : l’intégration du VIH dans le panier de soins, la mise en place d’applications d’aide à la prescription, l’interopérabilité des systèmes d’information.
Le Plan National de Développement Sanitaire 2026-2030 ambitionne justement de combler ces manques. Le ministre Pierre Dimba entend améliorer l’équité et la qualité des soins sur les cinq prochaines années.
Ce protocole survient après des mois d’incertitude. L’administration Trump avait suspendu l’aide internationale au printemps 2025, fragilisant les programmes sanitaires africains. Le programme PEPFAR (Plan présidentiel d’urgence de lutte contre le sida) finançait 50 à 60 % des dépenses nationales contre le VIH en Côte d’Ivoire, soit plus de 100 millions de dollars en 2024, selon l’ONUSIDA.