José Mourinho n’a jamais réellement coupé le lien avec le Real Madrid, même après son départ. Pourtant, ces derniers jours, l’entraîneur portugais a remis le club espagnol au centre de l’actualité européenne à travers plusieurs déclarations fortes, à la fois sur son passé à Madrid et sur ses ambitions actuelles en Ligue des champions.
D’abord, Mourinho a tenu à rappeler un fait qu’il juge rare dans sa carrière. « Je suis l’un des rares entraîneurs qui ont quitté le Real Madrid sans être viré », a-t-il affirmé.
Contrairement à ses expériences à Chelsea, Manchester United, Tottenham ou encore la Roma, son passage au Real Madrid s’est terminé sans rupture brutale. En 2013, il arrive simplement au terme de son contrat, et la séparation se fait officiellement d’un commun accord.
Ensuite, il est revenu sur l’échange qu’il dit avoir eu avec le président du club au moment de partir. « Le jour où je suis parti, le président m’a dit : vous avez fait la chose difficile, maintenant vient la facilité », a raconté Mourinho.
Une phrase qu’il assume pleinement et qu’il répète depuis plusieurs années dans ses interviews, même si elle n’apparaît dans aucun communiqué officiel du Real Madrid. Pour lui, cette remarque symbolise son travail : réinstaller le club au sommet après des années compliquées.
Mourinho revendique d’ailleurs clairement son héritage madrilène. « Quand je suis arrivé, le Real n’était plus le Real d’Europe. Nous avons gagné la Liga avec 100 points, nous avons battu le Barça de Guardiola et nous avons rejoué des demi-finales de Ligue des champions chaque saison », a-t-il rappelé récemment. Autrement dit, il considère avoir accompli ce qu’il appelle « la partie la plus difficile ».
Cependant, le passé n’empêche pas la compétition. Désormais entraîneur du Benfica, José Mourinho se retrouve face à son ancien club. Et cette fois, son discours est limpide. « Je veux éliminer le Real Madrid », a-t-il déclaré avant la confrontation européenne.
Dans la foulée, il a ajouté : « Ce ne sera pas un miracle, mais nous devrons jouer à notre niveau maximum ».
Par ailleurs, il a tenu à calmer toute interprétation excessive. « J’ai beaucoup de respect pour le Real, pour son président et pour son histoire. Mais aujourd’hui, je suis l’entraîneur de Benfica, et mon devoir est de vouloir gagner contre eux », a-t-il précisé.
Il a même reconnu qu’il souhaitait aussi la réussite du coach madrilène sur la scène nationale, preuve que son discours reste avant tout sportif.
Ainsi, le coach se retrouve dans une position paradoxale. D’un côté, José Mourinho revendique fièrement son départ honorable du Real Madrid. De l’autre, il assume sans détour son objectif : le sortir de la Ligue des champions.
Entre mémoire personnelle et ambition actuelle, le technicien portugais incarne plus que jamais cette logique implacable du football moderne : respecter son passé, mais chercher à l’éliminer sur le terrain.