Javier Tebas n’a pas manqué l’occasion de s’en prendre une nouvelle fois au Real Madrid. Invité à la Première Conférence nationale sur le journalisme et le sport, organisée en Galice, le président de LaLiga a livré une charge particulièrement offensive contre le club madrilène et sa vision du football. Au cœur de son intervention : Florentino Pérez, la Super Ligue et la crainte d’un football européen à deux vitesses.
Tebas qualifie le Real Madrid d’« équipe la plus rebelle d’Espagne »
Les relations entre Javier Tebas et le Real Madrid sont depuis longtemps tendues.
Le président de LaLiga n’a jamais caché ses divergences avec Florentino Pérez sur l’avenir du football espagnol et européen. Une nouvelle fois, le dirigeant a profité d’une intervention publique pour rappeler ses désaccords avec le club madrilène.
Cette fois, Tebas a notamment qualifié le Real Madrid d’« équipe la plus rebelle d’Espagne », une formule qui résume, selon lui, la position particulière du club dans le football espagnol.
Derrière cette déclaration se trouve surtout une opposition de modèle.
Tebas estime que le Real Madrid défend une vision du football qui pourrait progressivement modifier l’équilibre actuel entre les grands clubs et les formations disposant de moyens plus limités.
La Super Ligue reste au cœur du conflit
Impossible, dans ce contexte, de ne pas évoquer la Super Ligue.
Le projet porté notamment par Florentino Pérez a profondément divisé le football européen. Son ambition était de proposer une compétition réunissant les plus grands clubs européens selon un modèle différent des compétitions actuelles.
Même si le projet initial a rencontré une forte opposition, Javier Tebas estime que le danger n’a pas totalement disparu.
Le président de LaLiga considère qu’une nouvelle forme de Super Ligue pourrait progressivement voir le jour.
« Il a stoppé net la Super Ligue, comme le souhaitait Florentino, mais une autre Super Ligue est en train de se mettre en place, au ralenti », a-t-il déclaré.
Une formule qui traduit clairement la méfiance du dirigeant espagnol.
Tebas redoute un football à deux vitesses
Pour Javier Tebas, le véritable enjeu dépasse donc le seul projet de compétition.
Il concerne l’équilibre économique du football européen.
Le président de LaLiga craint qu’un système dominé par quelques clubs très puissants ne finisse par réduire la capacité des autres équipes à rivaliser.
« Si nous ne réagissons pas, nous aurons un système de football à deux vitesses », a-t-il averti.
Dans cette vision, les grands clubs disposant d’une puissance financière et commerciale considérable pourraient progressivement creuser l’écart avec les autres formations.
Une perspective que Tebas dit vouloir combattre.
« Nous avons aussi besoin de wagons »
Pour défendre sa position, Javier Tebas a utilisé une métaphore ferroviaire.
Selon lui, le football espagnol a construit un système performant au cours des deux dernières décennies et doit préserver cet équilibre.
« Dans ce train, il y a des locomotives, comme le Real Madrid ou le Barça, mais nous avons aussi besoin de wagons », a-t-il expliqué.
Le message est clair : les grands clubs sont indispensables au fonctionnement et à l’attractivité du football, mais ils ne peuvent pas évoluer complètement seuls.
Tebas défend ainsi une coexistence entre les clubs les plus puissants et ceux qui disposent de ressources plus modestes.
Le président de LaLiga défend le modèle actuel
Cette vision se retrouve également dans la question des droits télévisés.
Javier Tebas a défendu le système actuel de répartition des revenus audiovisuels, qui constitue l’un des piliers économiques du football professionnel espagnol.
Pour le dirigeant, la solidité du championnat dépend notamment de la capacité à maintenir un certain équilibre entre les différents clubs.
Le débat est loin d’être anodin.
Les droits télévisés représentent une source de revenus majeure pour les clubs et influencent directement leur capacité à recruter, investir dans leurs infrastructures et rester compétitifs.
Modifier profondément leur répartition pourrait donc avoir des conséquences importantes sur l’ensemble du championnat.
Tebas ne veut pas entrer dans le débat sur le prix du prochain Clásico
Au cours de son intervention, Javier Tebas a également été interrogé sur le prix des billets du prochain Clásico.
Sur cette question, le président de LaLiga a préféré ne pas se prononcer.
Selon lui, la fixation du prix des billets relève directement des clubs concernés.
Une réponse qui illustre également la frontière que Tebas entend maintenir entre les responsabilités de LaLiga et celles des équipes.
La guerre entre Tebas et Florentino Pérez continue
Au-delà des déclarations du jour, cette intervention s’inscrit dans une opposition beaucoup plus large entre Javier Tebas et Florentino Pérez.
Les deux hommes défendent régulièrement des visions différentes concernant l’organisation et l’avenir du football européen.
D’un côté, Florentino Pérez a régulièrement défendu l’idée d’une réforme profonde du football européen et d’un modèle permettant aux grands clubs de disposer de davantage de revenus et de contrôle sur les grandes compétitions.
De l’autre, Javier Tebas défend le système des championnats nationaux et un modèle dans lequel les clubs les plus puissants doivent continuer à évoluer au sein d’un écosystème plus large.
Leurs désaccords dépassent donc largement une simple rivalité personnelle.
Un débat qui est loin d’être terminé
La sortie de Javier Tebas montre surtout que le dossier de la Super Ligue n’appartient pas complètement au passé.
Même si le projet initial a rencontré de nombreux obstacles, la question du modèle économique du football européen reste ouverte.
Comment répartir les revenus ? Comment maintenir la compétitivité des championnats ? Quelle place accorder aux clubs les plus puissants ? Jusqu’où peuvent aller les réformes des compétitions européennes ?
Autant de questions qui continueront de diviser les acteurs du football.
Et au milieu de ce débat, Javier Tebas et Florentino Pérez restent deux des figures les plus opposées sur la vision du football de demain.
La nouvelle sortie du président de LaLiga risque donc de relancer une fois encore le bras de fer avec le Real Madrid.
