Le fils du président iranien et conseiller à la présidence a appelé samedi les autorités à rétablir internet, jugeant qu’elles devront faire face « tôt ou tard » à la diffusion des images de la répression du récent mouvement de contestation.
Poursuivre le blocage d’internet, en vigueur depuis deux semaines, « creusera le fossé entre la population et le gouvernement. Cela signifie que ceux qui n’étaient pas et ne sont pas mécontents viendront s’ajouter à la liste » de ceux qui le sont, a affirmé Yousef Pezeshkian dans un message sur Telegram, cité par l’agence de presse officielle Irna.
La diffusion d’images des manifestations « est quelque chose à quoi nous devrons tôt ou tard faire face. Le blocage d’internet ne résoudra rien, cela ne fera que repousser le problème », poursuit-il.
D’autant, relève-t-il, que « les forces de sécurité et les forces de l’ordre ont peut-être commis des erreurs (…) qui doivent être corrigées ».
« Celui dont les comptes sont en règle n’a rien à craindre d’un examen minutieux », ajoute-t-il en citant un proverbe persan.
Les manifestations ont débuté fin décembre par des revendications économiques avant de prendre ampleur et tournure politique, posant à la République islamique son plus grand défi depuis sa création en 1979.
Les autorités ont imposé le 8 janvier une coupure d’internet pour cacher, selon les défenseurs des droits humains, une répression sanglante qui a fait des milliers de morts et étouffé le mouvement.
L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a déclaré vendredi avoir confirmé la mort de 5.002 personnes au cours de la mobilisation, dont 4.714 étaient des manifestants.
Elle a indiqué toujours enquêter sur 9.787 autres décès possibles.
Le travail de vérification des défenseurs des droits est compliqué par la coupure d’internet.
L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a elle confirmé la mort de 3.428 manifestants, disant cependant craindre que le chiffre réel atteigne les 25.000 morts.
Mercredi, les autorités iraniennes ont donné leur premier bilan total, de 3.117 morts, dont la grande majorité (2.427) sont selon elles des « martyrs » – forces de sécurité ou passants, et non des « émeutiers » comme sont qualifiés les manifestants.
© AFP