Ils sont nombreux à se demander si faire importer ou faire venir sa voiture au Maroc peut être difficile ou non avec la douane marocaine. La procédure peut paraitre difficile à comprendre, mais avec des informations claires, cela ne relève pas du parcours du combattant.
En effet, il convient de noter au prime abord, qu’importer une voiture au Maroc suppose de passer par la douane marocaine. Une chose à retenir est qu’il s’agit d’ une procédure réglementée dont les règles changent selon le profil de l’importateur. Que l’on soit Marocain résidant à l’étranger (MRE), expatrié ou simple visiteur, chaque situation obéit à des conditions précises. Mieux vaut les connaître avant de prendre la route.
La première distinction que l’on doit faire porte sur la durée du séjour prévu. Pour conduire au Maroc avec un véhicule immatriculé à l’étranger, il faut demander une admission temporaire (AT) au bureau de douane lors du passage de la frontière. Ce document permet de circuler six mois dans le pays. Néanmoins, passé ce délai, le véhicule doit quitter le territoire ou faire l’objet d’un dédouanement définitif. Vendre ou céder un véhicule sous admission temporaire est par ailleurs interdit.
Pour une importation définitive, les conditions d’âge du véhicule sont strictes. Et pour cause, il convient de préciser que les véhicules importés doivent avoir moins de cinq ans, sauf pour les MRE retraités qui peuvent importer des véhicules ayant jusqu’à dix ans d’ancienneté. Cette règle s’applique aussi aux personnes à mobilité réduite, à condition que le véhicule soit spécialement aménagé.
Le coût du dédouanement constitue souvent la mauvaise surprise du processus. Les frais totaux, droits de douane, TVA et taxe parafiscale représentent entre 32 % et 55 % de la valeur du véhicule. Une voiture thermique estimée à 25 000 euros génère entre 8 000 et 13 750 euros de taxes. La base de calcul retenue par l’administration n’est pas toujours le prix d’achat, mais une valeur de référence interne. Pour connaître le montant exact avant tout déplacement, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) propose un simulateur officiel accessible via l’application MCV sur le portail douane.gov.ma.
Des abattements existent pour certains profils. Les MRE de 60 ans et plus, justifiant d’au moins dix années de résidence à l’étranger, bénéficient d’une réduction de 90 % sur la valeur à l’état neuf, plafonnée à 300 000 dirhams. Cette mesure concerne uniquement les voitures de tourisme de neuf places maximum. Les MRE en retour définitif profitent quant à eux d’un abattement de 25 % et d’un vieillissement fictif de trois ans appliqué à l’âge du véhicule, sous réserve de justifier au moins vingt-quatre mois d’activité professionnelle à l’étranger. Les véhicules électriques bénéficient depuis 2025 d’une exonération totale de TVA et de droits de douane.
La procédure se déroule en cinq étapes : dépôt du dossier au bureau de dédouanement, vérification des documents par l’agent douanier, liquidation des droits via l’application MCV, paiement auprès du receveur des douanes, puis remise d’une quittance et d’un certificat de dédouanement. Ce certificat est indispensable pour obtenir une immatriculation marocaine. Le dédouanement final prend entre un et cinq jours ouvrables, selon la complétude du dossier et la disponibilité des services douaniers.
Les pièces à fournir varient selon le profil. Dans tous les cas, une pièce d’identité valide, la carte grise originale au nom du propriétaire et une facture d’achat pour les véhicules de moins de 90 jours sont obligatoires. Les MRE en retour définitif doivent également produire un certificat de changement de résidence datant de moins de six mois, des fiches de paie couvrant au moins deux ans et un certificat d’identification du véhicule en double exemplaire. Tout document rédigé dans une langue autre que le français ou l’arabe doit être traduit par un interprète assermenté.
La loi de finances 2026 a introduit une plateforme électronique agréée par l’ADII pour le dépôt et la transmission automatisée des documents commerciaux annexés aux déclarations de dédouanement. Cette numérisation progressive réduit les délais de traitement. L’ensemble du cadre légal repose sur le Code de la Route (loi 52-05, Dahir n° 1-10-07 du 11 février 2010) et le Code des Douanes et Impôts Indirects (Dahir n° 1-77-339 du 9 octobre 1977).