Idriss Diallo, président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), s’est exprimé sur l’éventualité d’une CAN organisée tous les quatre ans, une réforme majeure actuellement à l’étude au sein de la Confédération africaine de football (CAF).
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le dirigeant ivoirien a détaillé les raisons qui, selon lui, rendent cette option logique et nécessaire pour l’avenir du football africain.
Pour Idriss Diallo, cette évolution répond avant tout à une problématique structurelle bien connue. « C’est une décision rationnelle, qui vise à régler définitivement le problème de la libération des joueurs », explique-t-il.
Le président de la FIF a souligné que l’Afrique fait face à des contraintes spécifiques que d’autres continents ne connaissent pas avec la même intensité.
Il a établi une comparaison avec les autres grandes confédérations : « En Europe ou en Amérique du Sud, les compétitions continentales se jouent tous les quatre ans. En Afrique, nous avons en plus des contraintes climatiques, qui nous obligent souvent à décaler les dates, comme nous l’avons fait en Côte d’Ivoire ou au Maroc ». Ces ajustements répétés compliquent l’organisation et accentuent les tensions avec les clubs européens.
Au cœur du débat se trouve la question des joueurs africains évoluant à l’étranger. Idriss Diallo l’a rappelé sans détour : « Le cœur du problème, c’est que les employeurs des joueurs sont les clubs ». Une réalité économique qui impose des compromis.
« Pour avoir nos meilleurs éléments, nous devons impérativement jouer en fonction des dates de la FIFA, car c’est la seule période où les clubs ont l’obligation de les libérer », a-t-il insisté.
Dans cette logique, l’objectif affiché par l’instance continentale est clair. « L’objectif de la CAF est donc d’aligner le calendrier africain sur le calendrier international », a affirmé le dirigeant ivoirien, convaincu que cette harmonisation renforcerait la compétitivité et la crédibilité des compétitions africaines.
Consciente du risque de créer un long intervalle entre deux éditions de la CAN, la CAF prévoit déjà une alternative. Idriss Diallo a révélé ainsi qu’« pour éviter un vide entre deux éditions espacées de quatre années, la CAF va lancer, dès 2029, la Ligue des nations africaines ». Cette nouvelle compétition se veut ambitieuse. « Ce sera une compétition zonale, puis continentale, qui se jouera pendant ce créneau de la FIFA », a-t-il précisé.
Selon Idriss Diallo, une CAN tous les quatres ans aura plusieurs effets positifs : « Cela élèvera le niveau, créera de la valeur commerciale et garantira la présence de toutes nos stars, sans sacrifier aucune génération ». Une vision qui pourrait profondément redessiner le paysage du football africain dans les années à venir.