La famille de la lycéenne de 17 ans, Camélia, qui s’est suicidée il y a une semaine à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), a porté plainte et sera prochainement entendue dans le cadre des enquêtes ouvertes après la mort de l’adolescente, a indiqué mardi le procureur de Meaux.
Les élèves de la classe de Camélia ont été convoqués lundi par les enquêteurs au commissariat de Torcy, a assuré une lycéenne à l’AFP.
Dans une interview accordée au quotidien Le Parisien lundi, un oncle de la victime a mis en cause l’attitude qu’aurait eue le proviseur lors d’une entrevue avec l’adolescente et a demandé « au moins qu’on le mette à l’écart ».
Ce proche affirme que l’après-midi même du drame, le proviseur qui avait déjà entendu la lycéenne et des élèves de sa classe la veille avait convoqué à nouveau Camélia « sans prévenir » sa famille.
« Là, il lui aurait fait porter une partie de la responsabilité de la situation, ce qui est hallucinant. En sortant, Camélia écrit : Il a dit que j’aurai une sanction disciplinaire (…) que je me victimise. »
La lycéenne s’était allongée sur les rails du RER B en gare de Villeparisis, peu de temps après, et a été percutée par un train.
Selon le Parisien, la famille de Camélia aurait porté plainte contre le proviseur et les présumés harceleurs de la jeune fille. Cependant le procureur a indiqué mardi à l’AFP que les proches de la victime « n’ont pas expressément précisé » le nom de personnes visées dans leur démarche judiciaire.
Mardi, le ministre de l’Éducation nationale a indiqué sur X qu’il avait « personnellement diligenté une enquête de l’inspection générale » dès qu’il avait eu connaissance des faits.
« Ce n’est qu’à l’issue de l’enquête », menée par trois inspecteurs généraux, qu’Edouard Geffray prendra « les décisions qui s’imposent, en réponse à d’éventuels dysfonctionnements collectifs ou fautes personnelles ».
« Face au harcèlement, une seule réponse: fermeté absolue », a insisté le ministre dans son message.
« Camélia disait qu’il y avait des rumeurs sur elle (…) qu’elle était l’objet de brimades, surtout dans la classe et dans les couloirs. C’étaient des moqueries sur son attitude, son physique », a déclaré son oncle au Parisien, mettant en cause des filles, ainsi qu« un effet de meute ».
Selon une source policière, quelque 1.600 personnes ont participé lundi à un rassemblement en mémoire de la jeune fille dans une mosquée, à Villeparisis.
La famille a fait savoir, dans l’interview au Parisien, qu’elle envisageait une marche blanche dimanche « pour réclamer justice », « sans esprit de revanche ».