Harcèlement scolaire : la famille de la lycéenne qui s’est suicidée porte plainte

Harcèlement scolaire : la famille de la lycéenne qui s'est suicidée porte plainte

Crédit Photo : DR / image d'illustration

La famille de la lycéenne de 17 ans, Camélia, qui s’est suicidée il y a une semaine à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), a porté plainte et sera prochainement entendue dans le cadre des enquêtes ouvertes après la mort de l’adolescente, a indiqué mardi le procureur de Meaux.

Le 14 janvier, au lendemain de la mort de l’adolescente, deux enquêtes ont été ouvertes dont l’une pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider ».Dans un communiqué, le procureur Jean-Baptiste Bladier appelle « solennellement à la plus grande prudence dans l’expression publique et la mise en cause médiatique de personnes, notamment le proviseur » du lycée où était scolarisée l’adolescente à Mitry-Mory. Il insiste sur le « panorama très complexe des interactions entre les lycéens et lycéennes concernés ou susceptibles de l’être ».

Les élèves de la classe de Camélia ont été convoqués lundi par les enquêteurs au commissariat de Torcy, a assuré une lycéenne à l’AFP.

Dans une interview accordée au quotidien Le Parisien lundi, un oncle de la victime a mis en cause l’attitude qu’aurait eue le proviseur lors d’une entrevue avec l’adolescente et a demandé « au moins qu’on le mette à l’écart ».

Ce proche affirme que l’après-midi même du drame, le proviseur qui avait déjà entendu la lycéenne et des élèves de sa classe la veille avait convoqué à nouveau Camélia « sans prévenir » sa famille.

« Là, il lui aurait fait porter une partie de la responsabilité de la situation, ce qui est hallucinant. En sortant, Camélia écrit : Il a dit que j’aurai une sanction disciplinaire (…) que je me victimise. »

La lycéenne s’était allongée sur les rails du RER B en gare de Villeparisis, peu de temps après, et a été percutée par un train.

Selon le Parisien, la famille de Camélia aurait porté plainte contre le proviseur et les présumés harceleurs de la jeune fille. Cependant le procureur a indiqué mardi à l’AFP que les proches de la victime « n’ont pas expressément précisé » le nom de personnes visées dans leur démarche judiciaire.

Mardi, le ministre de l’Éducation nationale a indiqué sur X qu’il avait « personnellement diligenté une enquête de l’inspection générale » dès qu’il avait eu connaissance des faits.

« Ce n’est qu’à l’issue de l’enquête », menée par trois inspecteurs généraux, qu’Edouard Geffray prendra « les décisions qui s’imposent, en réponse à d’éventuels dysfonctionnements collectifs ou fautes personnelles ».

« Face au harcèlement, une seule réponse: fermeté absolue », a insisté le ministre dans son message.

« Camélia disait qu’il y avait des rumeurs sur elle (…) qu’elle était l’objet de brimades, surtout dans la classe et dans les couloirs. C’étaient des moqueries sur son attitude, son physique », a déclaré son oncle au Parisien, mettant en cause des filles, ainsi qu« un effet de meute ».

Selon une source policière, quelque 1.600 personnes ont participé lundi à un rassemblement en mémoire de la jeune fille dans une mosquée, à Villeparisis.

La famille a fait savoir, dans l’interview au Parisien, qu’elle envisageait une marche blanche dimanche « pour réclamer justice », « sans esprit de revanche ».

© Agence France-Presse

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp