L’opposant guinéen en exil Tibou Kamara, ancien ministre, a annoncé à l’AFP la libération ce lundi 9 mars 2026 de sa mère et sa soeur, enlevées le 3 mars par des hommes en treillis.
Les enlèvements et disparitions forcées de voix dissidentes et de leurs proches se sont multipliées ces dernières années en Guinée, dirigée d’une main de fer par le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021 et élu président en décembre.
Agée de 84 ans, Hadja Asmaou Diallo, mère de Tibou Kamara, et la soeur de celui-ci, avaient été emmenées « de force » par des « hommes vêtus de treillis », avaient indiqué des proches à l’AFP au lendemain de leur enlèvement.
Les deux femmes ont été amenées lundi par un véhicule à l’entrée de Dinguiraye, ville du nord-est de la Guinée d’où elles avaient emmenées de force, et « c’est de là qu’elles ont emprunté deux motos pour rentrer à la maison », a raconté M. Kamara.
« Elles sont encore sous le choc », a-t-il ajouté, précisant n’avoir pu encore leur parler directement. « Elles ont indiqué que tout le temps de leur détention elles étaient encagoulées, donc elles ne savaient pas où elles étaient détenues », a-t-il poursuivi.
Ancien conseiller personnel du président Alpha Condé, renversé en 2021 lors du coup d’Etat ayant porté Mamadi Doumbouya au pouvoir, M. Kamara est un critique des autorités actuelles et vit en exil en raison de la répression des voix d’opposition en Guinée.
Une troisième femme de la famille de M. Kamara, initialement déclarée enlevée en même temps que sa mère et sa soeur, s’était en réalité cachée, a indiqué à l’AFP un proche qui a confirmé que les deux captives libérées étaient arrivées chez elles lundi en début d’après-midi.
Les autorités guinéennes avaient demandé l’ouverture d’une enquête après l’enlèvement des deux femmes, mais les investigations sur ce type de cas en Guinée aboutissent rarement.
L’ONU avait estimé « profondément alarmante » cette nouvelle « disparition forcée apparente » en Guinée.
Ce n’est pas la première fois que des proches d’opposants en exil sont enlevés: en novembre quatre proches du chanteur guinéen et critique du pouvoir Elie Kamano, dont ses enfants âgés de 14 et 16 ans, ont été enlevés par des « personnes encagoulées » et n’ont pas été retrouvés depuis.
En octobre, le père de Mamoudou Babila Keïta, journaliste en exil, a été enlevé « par des inconnus » et son sort reste un mystère.
Depuis la prise de pouvoir du général Doumbouya, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
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