En Guinée, la présidence a annoncé, jeudi 22 janvier 2026, la démission du gouvernement, quelques jours après l’investiture du général Mamadi Doumbouya en tant que président de la République.
Cette décision intervient dans la continuité institutionnelle qui suit traditionnellement l’entrée en fonction d’un chef de l’État.
Par décret présidentiel, le Premier ministre Amadou Oury Bah a été démis de ses fonctions. Un nouveau gouvernement devrait être formé dans les prochains jours, selon les autorités.
La présidence a également indiqué que le chef de l’État devrait fixer, dès le mois de février, la date des prochaines élections, d’après un communiqué transmis à l’AFP.
Que peut-on comprendre de la démission gouvernement après l’investiture de Doumbouya ?
Cette dissolution du gouvernement ne traduit pas forcément une rupture politique entre le président Doumbouya et son équipe sortante.
Elle s’inscrit plutôt dans une pratique courante des démocraties, où la démission du gouvernement suit l’investiture présidentielle.
En Côte d’Ivoire, par exemple, le gouvernement avait présenté sa démission après la réélection du président Alassane Ouattara. Peu après, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a été reconduit pour former une nouvelle équipe.
Un scénario similaire pourrait se produire en Guinée, où Amadou Oury Bah pourrait être reconduit à la primature.
Dans ce contexte, la démission du gouvernement apparaît davantage comme une formalité institutionnelle, le président n’ayant pas été remplacé à la tête de l’État.
La Guinée retourne dans les bonnes grâces de l’UA
Samedi dernier, le général Mamadi Doumbouya a été investi président de la Guinée pour un mandat de sept ans.
Cette investiture marque la fin officielle de son rôle de chef de la transition, après sa prise de pouvoir par la force en septembre 2021.
Il avait remporté l’élection présidentielle du 28 décembre avec 86,72 % des suffrages, malgré sa promesse initiale selon laquelle ni lui ni les membres de la junte ne se présenteraient à l’issue de la transition.
Dans la foulée de cette investiture, la Guinée a enregistré un signal fort sur le plan diplomatique. L’Union africaine a annoncé, jeudi, la levée des sanctions imposées au pays après le coup d’État de 2021.
Le Conseil paix et sécurité de l’organisation continentale a salué l’organisation de l’élection présidentielle et a décidé de rétablir la participation de la Guinée aux activités de l’UA.
Cette évolution marque une étape importante pour Conakry, qui cherche à regagner pleinement la confiance de ses partenaires régionaux et internationaux, dans un contexte de recomposition politique et institutionnelle.