Au Gabon, le président Brice Oligui Nguéma a annoncé la création d’un centre public de contrôle technique automobile.
Le 16 août 2025, à l’occasion du discours de vœux présidentiel retransmis sur Gabon 24, le ministre Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a levé le voile sur un projet qui a retenu l’attention : l’ouverture d’un centre public destiné à superviser les visites techniques automobiles. L’État a ainsi décidé d’assumer directement ses prérogatives, pour mettre fin aux dérives d’un système où certains véhicules, qualifiés de véritables “cercueils roulants”, avaient pourtant obtenu des certificats de complaisance.
« L’État entend désormais se saisir pleinement de ses prérogatives en la matière, en mettant en place un centre de contrôle technique qui pourra lui-même désormais délivrer des visites », a déclaré le membre du gouvernement, avant de promettre une mise en service « dans un futur relativement proche ».
Ce projet s’inscrit dans la vaste dynamique de digitalisation des titres de transport déjà amorcée en collaboration avec l’ANINF et des partenaires techniques, une démarche qui doit aboutir à des permis, cartes grises et licences totalement infalsifiables.
Au-delà de la modernisation administrative, l’objectif est de réduire le coût humain et économique des accidents de la route, qui grèvent certains pays africains jusqu’à hauteur de 6 % de leur PIB, selon la Banque mondiale. Chaque franc investi dans ce futur centre public est perçu comme une réponse à la tragédie quotidienne des routes, où trop de vies se sont brisées.
L’investissement initial, estimé entre 2 et 3 milliards FCFA par site selon les standards internationaux, représente un effort conséquent, mais qui pourrait s’appuyer sur les ressources déjà prévues dans la Loi de finances.
« L’État consacre en effet 35,36 milliards FCFA à l’entretien routier à travers la Redevance d’Usure de la Route et 67,18 millions FCFA à la sécurité routière. À cela s’ajoutent les recettes issues des titres de transport délivrés par la DGTT, avec 41,45 millions FCFA pour les permis et 62,17 millions FCFA pour les cartes grises », renseignent les médias locaux. Autant de leviers financiers susceptibles de nourrir la pérennité de cette réforme.
Avec ce centre public, le Gabon et Brice Oligui Nguéma ont affirmé leur volonté de bâtir une chaîne de confiance, du guichet numérique jusqu’au volant, en éradiquant la fraude et en restaurant la crédibilité des contrôles. Cette initiative traduit l’ambition d’un État qui veut transformer la route en un espace de sécurité plutôt qu’en un lieu d’incertitude.
En lançant cette réforme, Brice Oligui Nguéma fait du Gabon un exemple de gouvernance volontariste, prouvant que même dans un secteur miné par l’opacité, il est possible d’ouvrir une voie nouvelle vers la transparence et la confiance.