Gabon : Brice Oligui Nguema est clair ; ces ministres doivent démissionner

Gabon ministres démissionner

Crédits photo : Africa Intelligence / © Issouf Sanogo/AFP

Au Gabon, le président Brice Oligui Nguema ordonne à tous ses ministres élus députés lors des législatives du 27 octobre de démissionner, donc de quitter le gouvernement.

La décision a été annoncée lundi 3 novembre 2025 par François Ndong Obiang, ministre de la Réforme des institutions. Les démissions doivent intervenir avant le 17 novembre, date de mise en place du bureau de l’Assemblée nationale.

« Conformément à l’article 73 de la Constitution gabonaise, les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice d’un mandat parlementaire », a déclaré François Ndong Obiang devant la presse.

Le texte constitutionnel, adopté par référendum le 16 novembre 2024, ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Les ministres concernés disposent de moins de deux semaines pour remettre leur démission au chef de l’État.

Cette application stricte de la Constitution surprend. Bref, sous les régimes précédents, les ministres élus parlementaires n’étaient jamais contraints de choisir.

Ils cumulaient les deux fonctions sans que personne ne s’en offusque. La nouvelle donne juridique bouleverse les habitudes. Plusieurs poids lourds du gouvernement se retrouvent au pied du mur.

Alexandre Barro Chambrier figure parmi les personnalités visées. Le vice-président du gouvernement, chargé de la coordination gouvernementale, avait remporté son siège de député. Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ministre d’État des Transports, fait également partie de la liste.

Très proche d’Oligui Nguema, il devra choisir entre son fauteuil ministériel et son mandat parlementaire. La ministre de la Défense, le général Brigitte Okanowa, et celle de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, sont aussi concernées.

D’après un juriste contacté par les médias locaux, le président conserve la possibilité de reconduire ces ministres dans leurs fonctions. La condition : qu’ils renoncent formellement à leur mandat de député. Le mécanisme juridique existe. Enfin, reste à savoir si ces figures du régime accepteront de sacrifier leur siège parlementaire.

Le calendrier institutionnel se précise. Le bureau de l’Assemblée nationale sera installé le 17 novembre 2025. Le Sénat suivra le 24 décembre. La Cour constitutionnelle prêtera serment le 30 décembre, marquant la fin officielle de la transition vers la cinquième République.

François Ndong Obiang a exhorté les ministres à se conformer aux exigences constitutionnelles avant ces dates pour éviter toute situation d’incompatibilité juridique.

Un remaniement ministériel semble inévitable d’ici le 17 novembre. Soit le président reconduit certains ministres après qu’ils aient renoncé à leur mandat de député, soit il procède à des nominations nouvelles.

La composition de l’équipe gouvernementale actuelle, annoncée le 5 mai dernier, compte 30 membres. L’équipe avait été formée après l’élection présidentielle du 14 avril 2025 qui avait vu la victoire d’Oligui Nguema.

Cette décision s’appuie sur la nouvelle Constitution qui a supprimé la fonction de Premier ministre. Le document confie désormais la coordination de l’action gouvernementale à un vice-président du gouvernement. Séraphin Moundounga occupe le poste de vice-président de la République, tandis qu’Alexandre Barro Chambrier assure la vice-présidence du gouvernement. Mais ce dernier, élu député, se trouve dans l’obligation de démissionner s’il souhaite siéger au Parlement.

Les autorités gabonaises n’ont pas précisé combien de ministres sont exactement touchés par cette mesure. Le délai court. Les prochains jours s’annoncent agités pour la vie politique gabonaise. La question demeure : combien de ministres choisiront le gouvernement plutôt que l’Assemblée nationale ?

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp