Au Ghana, pays d’Afrique de l’Ouest, les escroqueries liées au mobile money ont trouvé une réponse officielle. Le gouvernement a décidé de couper l’accès aux télécommunications aux auteurs de fraudes répétées. La mesure a été présentée le 17 mars 2026 à Accra.
C’est Samuel Nartey George, ministre des Communications, des Technologies numériques et de l’Innovation, qui a exposé le dispositif. La réunion rassemblait les acteurs du secteur des télécoms. Le mécanisme s’appuie sur la Ghana Card, document d’identité national des abonnés.
Le principe est simple. Chaque SIM enregistrée est liée à une Ghana Card. Dès qu’une même carte est associée à plusieurs fraudes au mobile money, elle est désactivée. « Cette Ghana Card sera bloquée et interdite de procéder à l’enregistrement d’une SIM dans le pays », a précisé le ministre. L’abonné perd alors tout accès aux réseaux téléphoniques.
Cette décision repose sur des chiffres concrets. Selon la Banque du Ghana, les transactions mobiles ont atteint 3 010 milliards de cedis en 2024, soit 275,6 milliards de dollars. Ce volume représente une progression de 56,8 % par rapport à 2023. Fin 2025, le pays comptait 26,7 millions de comptes actifs sur 80,5 millions enregistrés.
Or, cette expansion s’accompagne d’une hausse des incidents. Toujours selon la Banque du Ghana, 13 451 cas de fraude ont été documentés dans le secteur financier en 2023. Parmi eux, environ 2 700 concernaient directement le mobile money, soit 20 % du total. Les plateformes MTN MoMo, Vodafone Cash et AirtelTigo Money figurent parmi les plus touchées.
La portée des sanctions va au-delà des seuls services téléphoniques. La Ghana Card conditionne l’accès à de nombreux services publics. Un blocage revient donc à une exclusion partielle de la vie administrative. Cette réalité amplifie l’effet dissuasif du dispositif.
Selon Graphic Online, le nouveau régime d’enregistrement des SIM attend encore d’être soumis au Parlement. La procédure parlementaire impose un délai de 21 jours avant tout déploiement. Le gouvernement espère lancer le programme avant la fin de l’année 2026.
Le Ghana n’est pas isolé dans ce combat. Partout en Afrique de l’Ouest, les gouvernements cherchent des outils pour contenir la fraude numérique.
Lire aussi : Foot : la Fifa sanctionne la fédération israélienne pour « discriminations »