France : voici le nombre d’Algériens que Paris va expulser

Algérie-France : une paix fragile après des tensions diplomatiques

Crédits photo : Collage L-Frii Media

La France a établi une première liste d’une soixantaine de noms d’Algériens à expulser, qui doit être envoyée à Alger de façon « imminente », a appris l’AFP ce vendredi 14 mars 2025 de source gouvernementale.

« Elle sera envoyée, elle ne l’a pas encore été », a précisé par la suite le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau, en déplacement, près de Lyon (centre-est).

« Nous avons fait une première liste, établie clairement avec des profils de type +troubles à l’ordre public+ ou sortant de prison ou avec des profils dangereux.

Sur cette liste ne figurent que des ressortissants algériens, dont nous avons les preuves de la nationalité algérienne », a-t-il poursuivi.

Le refus de l’Algérie d’accepter ses ressortissants sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), dont l’auteur d’un attentat qui a fait un mort à Mulhouse le 22 février, a fini d’envenimer des relations déjà très dégradées entre les deux pays depuis la reconnaissance en juillet 2024 par le président Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

« L’Algérie est tenue par un accord international et un accord avec la France. Nous avons plusieurs liens.

Cette liste, ce sera un moment de vérité: ou bien l’Algérie accepte de respecter ses obligations, le droit, nos accords signés librement, ou bien nous mettrons en œuvre la stratégie que nous avons organisée d’une riposte graduée qui peut aller jusqu’à la remise en cause de l’ensemble de nos accords », a poursuivi le ministre.

Le Premier ministre français François Bayrou n’a pas dit autre chose ce même vendredi : « Nous espérons que tous les responsables, chacun à sa place, vont réfléchir au respect des engagements pris et à la compréhension qui sont nécessaires entre deux pays et deux sociétés qui ont négocié des accords aussi importants que ceux-là ».

Fin février, M. Bayrou avait menacé de « dénoncer » l’accord de 1968 qui donne un statut particulier aux Algériens en France, l’ancienne puissance coloniale, en matière de circulation, de séjour et d’emploi, si, dans un délai de six semaines, l’Algérie ne reprenait pas ses ressortissants en situation irrégulière.

De son côté, Emmanuel Macron a joué la carte de l’apaisement en se disant « favorable, non pas à dénoncer, mais à renégocier » cet accord.

© Agence France-Presse

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