Une enseignante de 60 ans était toujours entre la vie et la mort le mardi 3 février 2026, après avoir été poignardée par un élève de 14 ans dans sa classe à Sanary-sur-Mer (sud-est de la France) une agression qui a profondément choqué la communauté éducative.
Les faits se sont déroulés vers 14H00 (13H00 GMT)dans cette station balnéaire au bord de la Méditerranée. La professeure, qui enseigne les arts plastiques, a reçu trois coups de couteau à l’abdomen et un à l’avant-bras portés par l’élève.
L’élève a été ensuite « appréhendé dans la cour de récréation par un personnel de l’établissement » puis placé en garde à vue pour tentative d’assassinat, a précisé dans un communiqué le procureur de Toulon Raphaël Balland.
Selon le procureur, « un signalement avait été effectué en mars 2025 » par le collège à la suite « de suspicions de violences commises par les parents » sur la jeune soeur de cet élève. En septembre, un juge des enfants « ordonnait (…) une mesure d’assistance éducative » au bénéfice de l’adolescent et de sa soeur.
« Aucune connotation religieuse ou politique à ce stade » et « on sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure ces derniers temps », avait déjà indiqué M. Balland dans l’après-midi lors d’un point presse sur place avec le préfet, Simon Babre.
Le préfet avait alors précisé que l’enseignante était mardi après-midi « en cours d’opération chirurgicale » à l’hôpital Sainte-Anne de Toulon.
« Mes pensées vont immédiatement à la victime, à sa famille et à l’ensemble de la communauté éducative, dont je partage le vif émoi », a déclaré sur la plateforme X le ministre de l’Education, Édouard Geffray, attendu sur place dans la soirée.
« Le président de la République est tenu informé de l’état de santé de l’enseignante et de l’évolution de la situation », a dit son entourage à l’AFP.
Série d’agressions
« On est en soutien total de l’enseignante, sa famille, ses proches, ses collègues », a réagi auprès de l’AFP Habiba Hamames, présidente de la FCPE (fédération de parents d’élèves) du Var. D’après ses informations, « ça s’est passé au moment de la remise des copies, les élèves ont vu l’enseignante souffrir ».
Une cellule d’urgence médico-psychologique à destination des collégiens, familles, professeurs et agents départementaux est mise en place, a annoncé de son côté le département du Var.
« Comment éviter ce genre de drame ? Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C’est un collège d’une petite ville… on n’est pas à l’abri de ce type d’acte dans n’importe quel établissement », s’est ému Dominique Queyroulet, représentant dans le Var du syndicat enseignant Snes-FSU.
En septembre, une enseignante avait été agressée au couteau dans un collège de Benfeld (Bas-Rhin, Est) par un de ses élèves de 14 ans et un ancien élève avait blessé au couteau un élève ainsi qu’une professeure dans un lycée horticole d’Antibes (Alpes-Maritimes, Sud).
Par ailleurs, une surveillante a été tuée en juin à coups de couteau à Nogent (Haute-Marne, Est) par un adolescent de 14 ans lors d’une fouille de sac par des policiers et en avril un lycéen a tué une adolescente de 15 ans et blessé trois autres personnes dans un lycée de Nantes (Ouest).
Beaucoup de professeurs disent avoir toujours en tête Samuel Paty, l’enseignant d’histoire-géographie décapité en octobre 2020 par un jeune homme radicalisé, après avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves. Le procès en appel se tient actuellement à Paris.
Un décret paru en juillet en France prévoit que tout élève portant une arme soit systématiquement traduit devant le conseil de discipline de son collège ou de son lycée.
© AFP