Privé de lumière depuis sa sortie du gouvernement en octobre, Bruno Retailleau joue son va-tout : le président des Républicains (droite) a annoncé ce 12 février sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 en France, avec l’espoir de prendre de vitesse ses concurrents.
« Je tenais à t’informer personnellement que je m’apprête à déclarer ma candidature à l’élection présidentielle » : c’est par un message à chaque parlementaire de son parti que le patron de LR a mis fin au suspense.
L’annonce était attendue depuis quelques jours. Le voici donc officiellement lancé dans la course à l’Elysée, à 65 ans. « C’est une décision que j’ai beaucoup mûrie« , ajoute l’ex-ministre de l’Intérieur, qui fera une déclaration en direct sur les réseaux sociaux à 18H00 avant un passage au 20H de TF1.
Fidèle à ses convictions, l’homme fort de la droite conservatrice « pense que le moment est venu pour (sa) famille politique d’indiquer aux Français un nouveau chemin, axé sur l’ordre, la prospérité et la fierté française« .
Un positionnement droitier, couplé à une déclaration précoce, à 14 mois de l’échéance, pour mieux couper l’herbe sous le pied de ses rivaux.
Car, à droite et au centre, les principaux prétendants supposés se réservent pour le printemps, à l’exception d’Edouard Philippe. Mais le patron d’Horizons, candidat depuis septembre 2024, joue d’abord sa réélection à la mairie du Havre, dans le nord-ouest de la France.
A un mois du premier tour des municipales, l’initiative de M. Retailleau est accueillie positivement par son successeur à la tête du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud, qui y voit « l’occasion de peser par les idées dans le débat public« .
Au contraire, une ministre en exercice, qui l’a côtoyé au gouvernement, juge « le timing hyper mauvais » et considère que son ancien collègue est « dans une logique très perso« .
Dans son cercle rapproché, certains le pressaient de se dévoiler dès janvier, d’autres d’attendre le soir du 22 mars et de possibles conquêtes aux dépens de la gauche à Paris, Lyon (sud-est) ou Besançon (est).
Mais la déroute lors d’une législative partielle début février en Haute-Savoie (sud-est) face à l’UDR (Union des droites pour la République) d’Eric Ciotti, allié du Rassemblement national (RN, extrême droite), a sans doute précipité les choses.
Est-ce vraiment un hasard du calendrier? L’annonce survient au lendemain de la fin du procès en appel de Marine Le Pen, dont le verdict sera annoncé le 7 juillet. Jusqu’à cette date, un doute subsistera sur l’identité du candidat du RN, même si la double finaliste de 2017 et 2022 comme son dauphin Jordan Bardella dominent largement les sondages à ce stade, avec plus de 30% d’intentions de vote.
Sans sortant puisqu’Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, l’élection aiguise de nombreuses ambitions. A gauche, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon ne fait pas mystère qu’il sera candidat tandis que l’Ecologiste Marine Tondelier est sur la ligne de départ d’une primaire qu’elle espère organiser avec une partie de la gauche le 11 octobre.
Avec AFP