Une femme de 50 ans, arrêtée après la découverte de deux bébés dans son congélateur en Haute-Saône dans l’est de la France, a reconnu en garde à vue les avoir congelés dès leur naissance, qu’elle situe entre 2011 et 2018, a indiqué le jeudi 12 février 2026 le procureur de Besançon, Cédric Logelin.
La quinquagénaire a expliqué « avoir accouché au domicile » puis avoir « enveloppé les nouveau-nés aussitôt après l’accouchement » avant de les déposer « dans ce congélateur situé dans la buanderie du domicile », a précisé le magistrat lors d’une conférence de presse.
Elle a expliqué avoir « caché » ces grossesses « à son entourage familial et amical », et avoir « inventé des explications lorsqu’elle était interrogée sur ses prises de poids », en mettant « des vêtements amples pour les dissimuler ». « Lors de ses auditions, elle pleurait très régulièrement et se disait désolée pour ses enfants et sa famille », a ajouté le procureur.
C’est un membre de la famille qui a découvert mardi le corps d’un nouveau-né dans un des congélateurs du domicile familial, à Aillevillers-et-Lyaumont, une commune de Haute-Saône à la limite des Vosges.
La mère, qui a eu neuf enfants de trois pères différents, avait quitté la maison « de manière subite » en décembre, y laissant ses quatre plus jeunes enfants, âgés de 14 à 20 ans, leur père, ainsi qu’un cinquième enfant plus âgé, issu d’un autre lit.
Du fait de ce départ, le foyer était « en forme de réorganisation familiale » au moment où un membre de la famille a fait la macabre découverte, en faisant du tri dans le congélateur que la mère était la seule à utiliser.
Le père « ignorait totalement »
Après qu’ils ont donné l’alerte, les gendarmes ont découvert un deuxième corps dans le même congélateur, enveloppé dans un sac.
La mère a été interpellée mercredi à Boulogne-Billancourt en région parisienne, sans opposer de résistance, et placée en garde à vue pour assassinat. Elle situe les grossesses « entre la naissance de son dernier enfant (en 2011) et la reprise d’une activité professionnelle en 2018 », a précisé la magistrate de permanence Christine de Curraize.
Une information judiciaire a été ouverte pour meurtres sur mineurs de moins de 15 ans, des crimes passibles de la réclusion à perpétuité, selon M. Logelin. Le parquet a requis le placement en détention provisoire de la suspecte.
Son compagnon, placé en garde à vue, a affirmé qu’il « ignorait totalement ces grossesses et qu’il tombait des nues », a indiqué le procureur. Pour l’heure, aucune charge n’est retenue contre lui.
« Abasourdis »
Une autopsie doit avoir lieu vendredi afin de déterminer les « circonstances exactes » de la mort des nourrissons, a détaillé le procureur, et peut-être dater les faits de manière approximative.
À Aillevillers-et-Lyaumont, des scellés étaient visibles sur les volets roulants d’un pavillon d’un étage de couleur claire, au portail ouvert, a constaté un photographe de l’AFP.
Le maire d’Aillevillers-et-Lyaumont, Jean-Claude Tramesel, a exprimé son « choc » après avoir appris qu’ils avaient découvert les corps.
« Ici, c’est un petit village de 1.500 habitants. Les faits divers, on pense toujours que c’est chez les autres que ça arrive… On est abasourdis », a-t-il commenté.
Au sujet du couple, M. Tramesel a expliqué que « ce sont des gens qui habitaient depuis une vingtaine d’années sur la commune mais qui n’y travaillent pas. Ce sont des gens qui ne font pas parler d’eux ».
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