France/Aide à domicile : l’État rejette une nouvelle fois une hausse des salaires

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Créateur : LUDOVIC MARIN LUDOVIC MARIN | Crédits : AFP Droits d'auteur : AFP or licensors

Les employeurs associatifs de l’aide à domicile ont déploré ce vendredi 20 mars 2026 la décision du gouvernement de refuser une nouvelle fois une augmentation de rémunérations dans un secteur souffrant d’une « pénurie de main-d’œuvre croissante ».

En octobre dernier, l’organisation patronale USB-Domicile (qui rassemble l’ADMR, l’UNA, Adedom et FNAAFP-CSF) avait décidé avec la CGT et la CFDT une augmentation de 64 euros brut minimum par mois en signant l’avenant 72 à la convention collective de la branche de l’aide, l’accompagnement, les soins et services à domicile.

« Cette hausse visait à rattraper le Smic et lutter contre le tassement des rémunérations », explique à l’AFP Anne Cousin, directrice de la fédération Una, précisant que 40% des rémunérations conventionnelles sont situés sous le Smic.

Dans un arrêté publié jeudi, le ministère de la Santé a fait connaître son refus d’agréer cet accord.

C’est la troisième fois depuis 2025 que l’Etat refuse d’agréer des avenants prévoyant une hausse de la rémunération, négociés par les syndicats et les employeurs de cette branche associative, selon Mme Cousin.

« En refusant cet agrément, les pouvoirs publics assument d’aggraver la situation déjà critique des services d’aide à domicile, aujourd’hui exsangues », a réagi l’USB-Domicile dans un communiqué.

Selon elle, ces services « se voient privés des moyens humains nécessaires pour remplir leurs missions auprès de nos concitoyens les plus vulnérables », souvent des personnes âgées ou handicapées.

Cette décision revient à « paupériser les professionnels, très majoritairement des femmes, qui continueront de subir une dégradation de leur pouvoir d’achat, actuellement aggravée par la forte hausse des prix du carburant », poursuit-elle.

La branche emploie à 95% des femmes, souvent des familles monoparentales qui travaillent à temps partiel et touchent donc un smic partiel.

Elle a connu une érosion de ses effectifs de 15% sur ces dernières années, largement liée à la faiblesse des rémunérations, au moment où les besoins augmentent avec la hausse de la dépendance et le vieillissement, selon Mme Cousin.

© AFP

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