Deux jeunes de 16 ans ont été interpellés en France, l’un d’eux, fasciné par le jihadisme, reconnaissant un projet d‘ »action violente » qui « aurait pu » viser « un centre commercial ou une salle de concert », a indiqué le vendredi 20 2026 le parquet national antiterroriste (Pnat).
Le meneur présumé de ce duo envisageait de « dérober » une « arme à feu » et a « également admis avoir acquis des produits chimiques en vue de réaliser, à son domicile, des tests de combustion », précise encore le Pnat.
Les deux mineurs ont été interpellés mardi et placés en garde à vue.
Le Pnat a requis une inculpation de ces mineurs pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes d’atteintes aux personnes ». Il a demandé le placement en détention provisoire de l’un, le meneur présumé, et le placement sous contrôle judiciaire de l’autre.
Le second mineur, « informé » des « projets » de son comparse, est soupçonné d’avoir contribué à renforcer ses convictions radicales violentes, expose encore le Pnat.
« Depuis quatre ou cinq ans, nous observons un très net rajeunissement des personnes qui sont mises en examen, avec plutôt des personnes qui ont moins de 20 ans » et « désormais beaucoup de mineurs », établissait pour l’AFP fin 2025 le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen.
« Ce sont principalement des garçons, beaucoup de profils isolés, souvent en situation d’échec scolaire ou de relative distance par rapport à l’école », poursuivait le patron du Pnat.
Et de décrire l’engrenage : « TikTok ou Telegram ont des algorithmes qui les conduisent assez rapidement, dès lors qu’ils recherchent des contenus liés souvent à l’ultraviolence, vers des contenus de nature jihadiste, et qui parviennent à les convaincre que leur mal-être est dû à la société et donc la réponse est de l’attaquer ».
Ce que « prônent les organisations terroristes, c’est le passage à l’acte en tout lieu, par tout moyen, sans qu’il soit nécessaire de rechercher à avoir des contacts avec elles », pointait-il encore.
Dans son discours de rentrée, fin janvier 2026, Olivier Christen mentionnait 22 mineurs inculpés en 2025 pour une infraction terroriste suivie par le Pnat, « pour représenter désormais le tiers des procédures ouvertes en 2025 et 20% des personnes mises en examen au cours de cette année ».
L’évolution de la nature des procédures initiées par le Pnat, soulignait-il, est marquée par des « actions violentes ou projets d’action violente visant le territoire français », élaborés « par des individus sans lien direct avec les organisations terroristes ». Mais ces mis en cause s’inspirent « de l’abondante propagande jihadiste » diffusée « sur les différents réseaux sociaux et s’autoaffilient aux projets mortifères de celles-ci ».
© AFP