« Football sauvage » : Malick Traoré recadre Bastian Schweinsteiger après ses propos sur les Ivoiriens

Malick Traoré Éléphants

Crédit photo : Facebook

Les propos de Bastian Schweinsteiger sur le football ivoirien continuent de faire réagir. L’ancien international allemand a récemment qualifié le jeu des Ivoiriens de « football sauvage », une sortie qui a provoqué l’indignation de plusieurs observateurs du ballon rond. Parmi eux, le journaliste sportif ivoirien Malick Traoré n’a pas caché sa colère et a tenu à répondre publiquement à cette déclaration jugée méprisante.

Malick Traoré remonté

Dans une réaction musclée, Malick Traoré dit respecter « l’homme, le joueur, la légende » qu’est Bastian Schweinsteiger, mais refuse catégoriquement ce qu’il considère comme du paternalisme, de l’humiliation et une forme de racisme ordinaire. Le journaliste s’interroge notamment sur le sens de l’expression employée par l’ancien milieu allemand.

« Qu’est-ce qu’un football sauvage ? Cela veut-il dire qu’il y a un football civilisé ? Qui a le monopole de ce dernier ? », s’est-il insurgé.

Pour Malick Traoré, ces propos sont d’autant plus choquants que de nombreux internationaux ivoiriens évoluent dans les plus grands championnats européens, où ils appliquent au quotidien les exigences tactiques et techniques du football moderne. Il rejette donc l’idée selon laquelle les joueurs ivoiriens seraient incapables de produire un football « conventionnel » une fois en sélection.

Le journaliste y voit surtout une nouvelle illustration du regard condescendant que certains continuent de porter sur le football africain, peu importe les progrès, les résultats ou la qualité de jeu affichée par les équipes du continent.

« Peu importe les talents et la qualité de jeu que l’on peut proposer, il y aura toujours une minorité de personnes qui viendront dénigrer ce que l’on propose au nom de l’expertise », déplore-t-il, visiblement remonté.

En conclusion, Malick Traoré a laissé entendre qu’il n’oublierait pas de sitôt cette sortie de Bastian Schweinsteiger, citant même Albert Camus pour marquer son indignation : « la bêtise insiste toujours ».

Cette prise de parole relance en tout cas le débat sur le regard parfois méprisant porté sur le football africain, encore trop souvent jugé à travers des clichés que beaucoup estiment dépassés.

Réaction des internautes sur le sujet

« Il faut que nos joueurs répondent à ce monsieur en gagnant sur le terrain. Lui montrer que même en étant sauvage, on peut lez battre et gagner une coupe du monde. Il faut que nos joueurs aient une mentalité de gagnant en tuant les matchs face aux soit disant civilisé. Je pense que c’est ce que le Brésil a fait dans le passé et ils le respectent aujourd’hui ».

« Chassez le naturel, il revient au galop ! Ces gens-là, s’efforcent de nous considérer comme des humains. En réalité, nous ne le sommes pas dans leur subconscient ».

« Une victoire de la Côte d’Ivoire contre son pays l’Allemagne aurait changé sa perception vis à vis des équipes africaines. Hélas ! ».

« Tant que nos équipes nationales joueront en « respectant » les équipes occidentales, tant qu’elles ne les battront pas, mais auront la peur au ventre face à elles, ce genre de propos prospéreront. Depuis le début de cette Coupe du Monde, je ne vois pas une équipe dite « civilisée » des blancs capables d’humilier une équipe africaine si celle joue avec sa vraie valeur sans complexe d’infériorité ».

« Qualifier le football africain de « sauvage » n’est pas une simple analyse technique. Les mots ont un poids, une histoire et parfois des préjugés qu’ils véhiculent inconsciemment. L’Afrique n’a pas besoin d’être validée par quiconque pour démontrer la qualité de son football. Ses joueurs brillent dans les plus grands clubs du monde, remportent les trophées les plus prestigieux et contribuent à l’évolution du jeu moderne. On peut critiquer un système de jeu, une organisation tactique ou une prestation sportive. Mais réduire tout un continent à un football « sauvage » relève d’une vision caricaturale qui n’a plus sa place dans le football du XXIe siècle. Le respect est dû à tous les peuples, à toutes les cultures et à toutes les écoles de football. Car le talent n’a ni couleur, ni continent ».

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