Foot: stupeur au Sénégal après la perte sur tapis vert du titre de champion d’Afrique

CAN 2025 : voici pourquoi la CAF a refusé de disqualifier le Sénégal malgré l'attitude des joueurs

Crédit photo : CAF online

Deux mois après avoir célébré leur deuxième étoile en Coupe d’Afrique des nations, les Sénégalais se sont réveillés le mercredi 18 mars 2026 en apprenant avec stupeur la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de déchoir les Lions de la Teranga de leur titre, au profit du Maroc.

L’instance a annoncé mardi soir avoir décidé de « déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale », pourtant remportée 1-0 (après prolongation) par les Lions de la Teranga, « le résultat étant homologué sur le score de 3-0 » en faveur du pays hôte de l’épreuve.

« La grosse farce continentale », « Ri-di-cule ! », « La blague du siècle ! », « Scandaleux ! » : les unes des journaux rivalisent de superlatifs au lendemain de ce coup de tonnerre.

La nouvelle, largement commentée, a enflammé les réseaux sociaux au Sénégal, deux mois après le retour triomphal de leur équipe, dans le sillage de la finale rocambolesque disputée le 18 janvier à Rabat.

En apprenant la perte du titre, Assiétou Diallo dit à l’AFP avoir « rigolé », croyant à une blague.

« C’est une honte. Une CAN, ça se gagne sur le terrain et on l’a gagnée, on l’a méritée. À aucun moment le Maroc n’a marqué un but », fulmine cette assistante comptable de 25 ans, qui espère que la fédération sénégalaise fera tout pour garder le titre -elle a prévu de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) en ce se sens.

– « Honte pour l’Afrique » –

Pour Gora Ndiaye, chauffeur VTC à Dakar de 48 ans, cette décision est une « honte pour l’Afrique ».

« C’est une sacrée gifle », renchérit Marc Diop, 50 ans, employé dans une banque, interrogé dans le centre-ville de Dakar : « Tout le monde a constaté que sur le terrain, c’est une victoire nette et sans bavure du Sénégal ».

Lors de cette finale chaotique, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse, en protestation contre une décision de l’arbitre qui, peu après un but refusé au Sénégal, avait accordé un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période.

Au bout de 15 longues minutes de confusion précédant finalement un retour sur le terrain des joueurs sénégalais, et dans un chaos qui gagna alors les tribunes avec des supporteurs sénégalais lançant des projectiles et tentant d’envahir le terrain, l’ailier marocain Brahim Diaz avait manqué son penalty.

Durant la prolongation, c’est le Sénégal qui s’était imposé grâce à un but de Pape Gueye.

Fin janvier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), sans remettre en cause le résultat final de ce match, avait infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros, aux fédérations des deux pays pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.

Mais, mardi soir, le jury d’appel de la CAF a justifié sa décision en se référant aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN, selon lequel si une équipe « refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match », « elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ».

– « Frustration générale » –

En quittant le terrain, « la réaction des Sénégalais était un peu excessive. Ce n’est pas l’image qu’on veut montrer », tempère Issac Ndiaye, 38 ans, rare personne interrogée à ne pas se dire stupéfiée par la décision de la CAF.

Toutefois, cet agent administratif reconnaît la « frustration générale » : « On perd une coupe qu’on a déjà célébrée », le deuxième titre continental du Sénégal après 2021.

« La corruption a fini par l’emporter », s’emporte pour sa part Daouda Seck, un supporter sénégalais interrogé par l’AFP.

La fédération sénégalaise a dénoncé « une décision inique, sans précédent et inacceptable qui jette le discrédit sur le football africain », et indiqué qu’elle engagerait la « procédure d’appel » devant le TAS, basé à Lausanne, en Suisse, « dans les plus brefs délais ».

« Les Sénégalais sont tous en colère et on espère que le TAS prendra la bonne décision », résume Aissatou Ndiaye, 50 ans.

els/gk

© Agence France-Presse

LIRE AUSSI : Un penalty, un boycott, une panenka ratée: les folles minutes de la finale Sénégal-Maroc

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp