Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la Tunisie à « B- ». L’agence a aussi retiré le pays de sa liste de surveillance. Cette décision ne change rien, ou presque, au profil de risque tunisien.
La Tunisie reste donc notée « B- » avec une perspective stable. C’est la même note que celle confirmée le 12 septembre 2025. Bref, rien de nouveau côté chiffres. Ce qui a changé, c’est la forme. Fitch a appliqué en septembre 2025 de nouveaux critères méthodologiques pour évaluer les dettes souveraines. Ces critères intègrent désormais des hypothèses de recouvrement. La Tunisie a été placée sur la liste des entités sous observation pendant cette transition, puis elle s’en est sortie le même jour où sa note a été confirmée.
Ces décisions de notation reflètent l’application des nouveaux critères de notation souveraine de Fitch.
L’agence a attribué à la dette senior non garantie tunisienne une note de recouvrement « RR4 ». Cette note signifie que, en cas de difficultés de remboursement, les créanciers pourraient récupérer une partie de leur mise. Pas tout. Pas rien. Une part intermédiaire, selon les scénarios retenus par Fitch. Ce n’est pas une garantie. C’est une hypothèse.
Les chiffres à retenir derrière la note attribuée par Fitch à la Tunisie
La dette publique tunisienne a atteint 135 milliards de dinars à fin mars 2025, soit environ 80,5 % du PIB selon les projections du ministère des Finances. Les réserves en devises se sont établies à 105 jours d’importations en octobre 2025, d’après les données de la Banque centrale de Tunisie.
Sur le plan de la gouvernance, la Tunisie obtient un score ESG de « 5 » chez Fitch. Ce score traduit une influence négative des facteurs politiques et institutionnels sur la notation. Le pays se situe au 36ᵉ percentile des indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale. La stabilité politique y est jugée faible. Les droits de participation sont limités. La capacité institutionnelle reste modérée.
Les conditions pour qu’une amélioration de la note se produise sont connues depuis longtemps. Il faut une réduction durable du déficit budgétaire. Il faut aussi que le ratio dette publique sur PIB baisse de manière significative.
À ces deux exigences s’ajoute une troisième : les réserves de change doivent progresser, ce qui suppose un accès régulier aux financements internationaux. Or, en l’absence d’un accord avec le FMI, cet accès reste très restreint selon les données publiées par la Direction générale du Trésor français dans ses notes de conjoncture sur la Tunisie.
À l’inverse, une dégradation de la note reste possible. Elle pourrait intervenir si l’État échoue à maîtriser ses besoins de financement, si les réserves en devises s’érodent, ou si le dinar connaît une dévaluation sensible. Le service de la dette a augmenté de 26 % au premier trimestre 2025 par rapport à l’année précédente, selon les données du ministère des Finances tunisien.