L’Union économique et monétaire ouest-africaine a clôturé l’année 2025 sur une croissance de 6,7 % ; c’est mieux que les 6,2 % enregistrés en 2024 avec trois pays qui tirent ce résultat vers le haut : le Sénégal, le Bénin et le Niger.
Le Sénégal affiche la progression la plus forte de la zone, à 7,8 %. Le développement rapide du secteur énergétique y joue un rôle central. Les premiers revenus tirés de l’exploitation du pétrole et du gaz ont alimenté l’investissement et stimulé l’activité. La Banque mondiale avait anticipé ce rebond dans ses projections publiées fin 2024.
Le Bénin suit avec 7,5 % de croissance sur l’année. Ce résultat reflète les effets des réformes économiques menées depuis plusieurs années. Le tissu productif du pays a gagné en densité. Les secteurs du commerce et des services ont contribué à cet élan de manière constante.
Le Niger complète le trio avec 6,9 %. L’essor des activités extractives explique en grande partie cette performance. Le pays a renforcé sa production d’hydrocarbures, malgré un contexte politique tendu depuis le changement de régime en 2023.
Au quatrième trimestre 2025, le PIB de l’UEMOA a progressé de 6,5 % en glissement annuel. Ce chiffre est légèrement en deçà des 6,6 % du trimestre précédent. La tendance reste néanmoins solide, selon les données officielles de l’Union.
Le secteur des services demeure le premier contributeur à la croissance. Il a apporté 3,5 points de pourcentage au résultat annuel. Le commerce, les télécommunications et les services financiers ont porté cette dynamique.
Le secteur secondaire a contribué pour 2,3 points sur l’ensemble de l’année. L’industrie extractive y occupe une place croissante. Le secteur primaire, lui, a apporté environ un point, grâce à des récoltes globalement satisfaisantes.
Du côté de la demande, la consommation des ménages reste le principal moteur. Elle a contribué à hauteur de 3,7 points. Les investissements ont ajouté 1,8 point. Les exportations, portées par les minerais, le pétrole et le gaz, ont contribué pour 1,2 point.
Les autres membres de l’Union affichent aussi des résultats solides. Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont chacun enregistré 6,5 %. Le Togo a atteint 6,2 %, le Mali 6,1 % et la Guinée-Bissau 5,5 %. Ces niveaux restent parmi les plus élevés du continent africain.
Pour le Mali, la révision à la hausse de 0,6 point par rapport aux estimations de décembre 2024 de la BCEAO s’explique par plusieurs facteurs. L’impact des tensions sur le carburant a été moins fort que prévu. La production aurifère s’est consolidée. Le démarrage de l’exploitation du lithium a apporté un supplément d’activité.
Pour le Burkina Faso, la révision de 0,2 point reflète l’accélération des investissements publics dans les infrastructures. Ces dépenses ont soutenu l’activité dans un pays sous pression sécuritaire.
Cette performance collective de l’UEMOA repose de plus en plus sur les ressources naturelles. À moyen terme, la question de la diversification économique se posera avec acuité. Pour l’heure, la zone affiche l’une des dynamiques de croissance les plus robustes d’Afrique.
Voir aussi : Ce pays d’Afrique de l’Ouest offre son lithium à exploiter durant 15 ans
Le Burkina Faso reçoit 46 milliards de la BAD pour fournir aux populations cette infrastructure