Des navires chinois et iranien sont arrivés près du Cap en Afrique du Sud, a constaté ce jeudi 8 janvier 2026 l’AFP, pour un exercice des pays du Brics+ auquel doit participer également la Russie, selon un responsable prenant part à ces manoeuvres navales.
L’exercice, baptisé « Volonté de paix », doit se tenir pendant une semaine et aura pour thème les « actions conjointes pour assurer la sécurité du transport maritime », selon un communiqué de l’armée sud-africaine.
Ces manoeuvres du bloc des pays émergents sont dirigées par la Chine, précise la Défense sud-africaine.
Des journalistes de l’AFP ont aperçu deux navires chinois dans le port militaire de Simon’s Town, au sud du Cap, rejoints par un navire iranien.
Des responsables de la marine sud-africaine ont indiqué que des navires de guerre russes devraient également participer aux exercices menés par la Chine.
Ces manoeuvres, annoncées en décembre par l’armée sud-africaine dans un communiqué, sont axées sur la « sécurité de la navigation et des activités économiques maritimes ».
L’objectif est de « renforcer la coopération en faveur des initiatives de sécurité maritime pacifique », précisait le communiqué, ajoutant que l’exercice impliquerait les marines des pays du BRICS.
Les Brics, qui comprennent notamment le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, se sont élargis depuis 2023 avec l’Arabie saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis, l’Ethiopie, l’Iran puis l’Indonésie.
Ces manoeuvres conjointes, initialement prévues en novembre 2025, ont été reportées en raison du sommet du G20 à Johannesburg.
« Réputation internationale »
L’Alliance démocratique (DA) sud-africaine, membre de la coalition gouvernementale, a déclaré que le Parlement n’avait pas été correctement informé du déroulement de ces exercices, notamment sur leur coût, la structure de commandement et les conséquences diplomatiques.
« La politique de défense et la politique étrangère de l’Afrique du Sud doivent être transparentes, constitutionnelles et fondées sur des principes, et certainement ne pas être discrètement remodelées par des exercices militaires qui contredisent notre neutralité et nuisent à notre réputation internationale », a déclaré Chris Hattingh, porte-parole du DA pour les questions de défense, dans un communiqué.
Ce parti de centre-droit, entré au gouvernement après la défaite du Congrès national africain (ANC) en 2024, s’était engagé à exiger une transparence totale au Parlement.
Le président américain Donald Trump a accusé les pays membres du BRICS, groupe de nations émergentes, de mener des politiques « anti-américaines ».
En plus d’une prétendue « persécution » des Afrikaners, les descendants des premiers colons européens, majoritairement d’origine néerlandaise, l’administration américaine a plusieurs fois reproché à Pretoria sa plainte pour « génocide », déposée devant la Cour international de justice, visant Israël pour sa guerre à Gaza.
Par ailleurs, Washington a expulsé l’ambassadeur de Pretoria aux Etats-Unis et imposé des droits de douane de 30% aux produits sud-africains concernés par ses taxes douanières, les plus élevés parmi les pays d’Afrique subsaharienne.
Et l’armée sud-africaine a été critiquée pour avoir organisé des exercices similaires avec la Russie et la Chine en 2023, qui coïncidaient avec le premier anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par le Kremlin.
La Chine, la Russie et l’Afrique du Sud ont mené leurs premiers exercices navals conjoints en 2019.
© AFP