Titi parisien formé au PSG, passé par les sélections de jeunes de l’équipe de France, Ibrahim Mbaye, fait désormais à 17 ans le bonheur du Sénégal avec des entrées en jeu décisives durant la CAN-2025, avant le huitième de finale contre le Soudan samedi.
En 2023, « il y a eu la découverte de Lamine Camara qui a fait vraiment une excellente CAN… Espérons qu’Ibrahim fera ça aussi », a déclaré vendredi le sélectionneur Pape Thiaw, ajoutant : « Il fait des bouts de match, à chaque fois qu’il rentre il donne le meilleur de lui-même, On sait qu’il a du talent, c’est pour ça qu’on est allé le chercher. »
Mbaye, qui a rejoint la tanière en octobre, a sorti les Lions de la Teranga d’une mauvaise passe par deux fois durant le tournoi.
Lors du deuxième match de groupe face à la République démocratique du Congo qui menait 1-0, c’est un de ses déboulés repoussé par le gardien congolais Lionel Mpasi qui a conduit à l’égalisation de Sadio Mané à la reprise du ballon.
Mané, 33 ans, star de la sélection et idole de Mbaye, y est allé de ses compliments après la rencontre : « A 17 ans, à ce niveau, je pense que c’est impressionnant. Il a un bel avenir devant lui, c’est un joueur exceptionnel ».
– Leumbeul enflammé –
Mbaye ne s’est pas laissé griser. Entré en jeu à la mi-temps lors du dernier match de groupe face au Bénin, il a récidivé d’une nouvelle incursion dans la défense, provoquant un penalty transformé par Cherif Ndiaye qui a alourdi le score (3-0).
Déjà entré en jeu pour les 20 dernières minutes de la rencontre face au Botswana (3-0), Mbaye est alors devenu le plus jeune Sénégalais à disputer une Coupe d’Afrique, à 17 ans et 10 mois.
Il est vite devenu la coqueluche des supporters. Et celle de ses coéquipiers, dès le premier rassemblement auquel il a participé en novembre, en s’illustrant par son Leumbeul, une danse traditionnelle wolof, qui a provoqué l’hilarité de ses partenaires et un « buzz » sur les réseaux sociaux.
Le choix de Mbaye, né à Trappes en banlieue parisienne et qui a représenté la France des U16 aux U20, de rejoindre les Lions, au moment même où il se met en lumière sous le maillot du Paris SG de Luis Enrique, a surpris. Il était pourtant murement réfléchi.
Il n’y a jamais eu de débats dans la tête du jeune ailier, selon son entourage. Fier de ses origines, attaché à son nom, « Ibrahim a voulu jouer pour le Sénégal », a expliqué Pape Thiaw, qui parvient à attirer de nombreux jeunes binationaux sans spécialement mettre en place une politique pour cela, comme peut le faire la Fédération marocaine.
– « Vitesse prodigie » –
Le passage de la Coupe d’Afrique tous les quatre ans devrait encore accentuer la tendance, les grands clubs européens devenant moins frileux à l’idée de faire signer un contrat à un joueur dont ils disposeront plus souvent, a confié à l’AFP un sélectionneur présent au Maroc.
C’est le cas du PSG qui doit donc faire actuellement sans Ibrahim Mbaye, auteur d’un début de saison remarqué : 14 rencontres disputées toutes compétitions confondues, sept titularisations, un but face à Rennes au Parc des Princes le 6 décembre.
Auteur de deux passes décisives contre Metz la semaine suivante, juste avant de rejoindre sa sélection, « Mbaye est apparu plus libéré dans son jeu. Il s’est senti à l’aise et a pris des initiatives remarquables », s’était alors réjoui son entraineur, Luis Enrique, qui n’hésite pas à lancer ses jeunes pousses avec beaucoup de réussite.
« Il a une vitesse prodigieuse, il sera bientôt une bombe atomique », prophétisait en octobre auprès de l’AFP Pierre-Yves Bodineau, son ancien coach au centre de pré-formation où il a suivi les prometteurs gamins nés entre 2005 et 2009, concédant toutefois qu' »il lui faut encore quelques matches pour prendre totalement ses marques ».
Exactement ce qui est arrivé à Ibrahim Mbaye, titi parisien, « supersub » sénégalais.
Avec AFP