Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé le 31 mars deux projets visant à améliorer les services d’eau potable pour des millions de Tunisiens, à moderniser l’agriculture irriguée et à soutenir l’emploi et les moyens de subsistance dans les zones rurales.
Ces deux nouveaux projets, financés par un engagement de 332,5 millions de dollars américains, constituent la première phase du Programme tunisien pour la sécurité et la résilience de l’eau , qui vise à répondre aux enjeux liés à l’eau en milieu rural et urbain. Ce programme devrait créer plus de 4 000 emplois permanents et plus de 13 000 emplois temporaires, tout en aidant la Tunisie à s’adapter à la raréfaction croissante de l’eau et aux pressions climatiques.
« La Tunisie a pris des mesures importantes pour faire face à la pénurie d’eau croissante et protéger l’accès de sa population aux services essentiels et à ses moyens de subsistance », a déclaré Alexandre Arrobbio, responsable des opérations de la Banque mondiale en Tunisie . « Grâce à l’approche programmatique en plusieurs phases, le Groupe de la Banque mondiale, y compris la Société financière internationale et l’Agence multilatérale de garantie des investissements, mobilise l’ensemble de ses instruments et son expertise mondiale pour assurer une sécurité hydrique globale et durable à la Tunisie. Cet engagement du Groupe de la Banque mondiale témoigne de notre détermination à soutenir le secteur de l’eau en Tunisie sur le long terme. »
Le projet « Sécurité, résilience et valorisation de l’eau d’irrigation » (124 millions de dollars US) vise à améliorer les services d’eau d’irrigation, à renforcer les compétences des opérateurs et à accroître les rendements agricoles dans les périmètres irrigués publics ciblés. Il permettra de réhabiliter les infrastructures d’irrigation clés dans les gouvernorats de Jendouba, Béja, Bizerte et Siliana, de renforcer les capacités de gestion des services agricoles régionaux et des groupements locaux d’usagers de l’eau, et d’accompagner les agriculteurs dans l’adoption de technologies climato-intelligentes et l’accès à des marchés à plus forte valeur ajoutée. Le projet devrait bénéficier directement à près de 4 000 agriculteurs grâce à l’amélioration des services d’eau d’irrigation et à 9 000 autres grâce à un soutien à la vulgarisation agricole et à la valorisation des produits, tout en créant l’équivalent de 3 400 emplois permanents et 7 000 emplois temporaires dans le secteur de la construction.
En parallèle, le Projet de sécurité et de résilience de l’eau potable (208,5 millions de dollars US) vise à améliorer la qualité et la résilience des services d’eau potable et à renforcer la performance opérationnelle de la SONEDE, la société nationale de distribution d’eau. Il prévoit l’extension de la capacité de l’usine de dessalement d’eau de mer de Zarat, à Gabès, de 50 000 à 100 000 mètres cubes par jour afin de fournir une eau plus sûre et plus fiable aux populations de Gabès, Médenine et Tataouine ; le déploiement de 100 000 compteurs intelligents et la réhabilitation des réseaux de distribution d’eau pour réduire les pertes à Sfax, Tozeur et Kebili ; et un accompagnement de la modernisation organisationnelle. Ce projet devrait bénéficier à 2,3 millions de personnes grâce à des services d’eau potable plus fiables et durables, dont 224 000 personnes qui bénéficieront d’un approvisionnement continu et 440 000 qui verront une meilleure qualité de l’eau, tout en créant l’équivalent d’environ 600 emplois permanents et 6 000 emplois temporaires.
Le Programme tunisien pour la sécurité et la résilience de l’eau est une approche programmatique en plusieurs phases, dotée d’une enveloppe budgétaire totale de 700 millions de dollars américains sur 10 ans. En échelonnant les investissements sur plusieurs phases, il permet au gouvernement tunisien et à la Banque mondiale de diversifier les sources d’eau, de moderniser les prestataires de services et de généraliser les solutions efficaces. La phase 1, approuvée aujourd’hui, répond aux priorités urgentes en matière d’eau potable et d’agriculture irriguée, tandis que la phase suivante sera axée sur l’assainissement, avec l’ONAS, la société nationale d’assainissement tunisienne, jouant un rôle central dans la collecte, le traitement et la réutilisation des eaux usées.