Expertise France est l’agence publique de conception et de mise en œuvre de projets internationaux de coopération technique.
Description du projet ou contexte
PRÉSENTATION DE LA FACILITÉ
L’Initiative Régionale pour les Enseignants en Afrique (RTIA), un programme financé par l’Union Européenne (UE) via la section Éducation (G3) de la Direction Générale INTPA, vise à améliorer les résultats d’apprentissage et le développement socio émotionnel des enfants en Afrique, en ayant un personnel enseignant plus compétent, motivé et inclusif dans l’éducation de base.
La RTIA cherchera particulièrement à atteindre les résultats suivants au cours des 6 prochaines années :
- Améliorer la gouvernance, la gestion, l’attractivité et l’équilibre entre les sexes de la profession enseignante, avec un fort accent sur la numérisation accrue et l’innovation.
- Améliorer la qualité, la pertinence et l’efficacité du développement professionnel initial et continu des enseignants, notamment par l’éducation numérique, les approches d’apprentissage entre pairs et la collaboration régionale.
Dans ce cadre, la Facilité de l’Initiative Régionale pour les Enseignants en Afrique (RTIA) soutiendra les politiques enseignantes et contribuera à améliorer les systèmes de formation et de développement professionnel des enseignants en i) fournissant une assistance technique pour un renforcement des capacités au niveau national, ii) promouvant l’innovation et la mise à l’échelle de solutions d’enseignement efficaces ; iii) augmentant la production et l’utilisation de données et d’éléments probants, et en iv) promouvant l’utilisation de cadres régionaux, de pratiques fondées sur des éléments probants et d’un apprentissage conjoint au niveau régional.
La Facilité Régionale pour les Enseignants en Afrique (RTIA) atteindra les objectifs mentionnés ci-dessus par le biais de 3 types d’instruments ou “fenêtres” : i) une fenêtre visant à fournir une assistance technique sur la gouvernance, la formation et le développement professionnel des enseignants basée sur la demande des pays partenaires éligibles, ii) une fenêtre visant à tester et mettre à l’échelle des programmes efficaces pour la formation et le développement professionnel des enseignants, notamment dans les domaines thématiques du numérique, du genre, de l’environnement et de la pédagogie, y compris dans des contextes de crise, avec des réfugiés et des populations déplacées, iii) une fenêtre de recherche pour créer de nouvelles données et soutenir l’intégration de ces données dans le processus d’élaboration de politiques et la conception des programmes de formation et de développement professionnel des enseignants.
En plus de ces fenêtres, les activités transversales de gestion des connaissances et de communication de la Facilité contribueront également au partage de connaissances, d’éléments probants et des meilleures pratiques liés aux résultats globaux de l’Initiative.
La Facilité est financée par l’Union Européenne et co-implémentée par le Partenariat formé par trois agences des États membres : Expertise France pour la France, Enabel, VVOB et APEFE pour la Belgique, EDUFI pour la Finlande. Expertise France a été désignée comme l’Agence Coordinatrice de ce Partenariat. Avec le schéma de gouvernance de la Facilité servant de schéma de gouvernance de l’Initiative, il est prévu que le Partenariat travaille en étroite collaboration avec l’UNESCO et la Commission de l’Union Africaine (CUA), en charge des 2 autres composantes de l’Initiative de l’Union Européenne (UE).
La durée de l’action est prévue du 01/02/2024 au 31/01/2027 (36 mois) avec un budget de 46.000.000 EUR.
CONTEXTE
SECTEUR DE L’ÉDUCATION
Le système éducatif de la République Démocratique du Congo (RDC) a traversé de nombreuses réformes politiques et initiatives visant à améliorer la qualité de l’éducation, notamment pour les enseignants. Les principales réformes sont évoquées ci-après.
Réformes politiques et processus de conception des politiques
En 2015, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a adopté un plan sectoriel de l’éducation intitulé Stratégie Sectorielle de l’Éducation et de la Formation (SSEF), couvrant la période 2016-2025. Cette stratégie met l’accent sur l’adhésion aux réformes, la gestion axée sur la concertation et le partenariat, l’équité dans les interventions, la transparence dans l’allocation et l’utilisation des ressources, ainsi que la redevabilité des acteurs.
Le Pacte de partenariat
En septembre 2022, un Pacte de partenariat a été validé, mettant en avant une réforme prioritaire pour doter le système éducatif congolais d’enseignants compétents, motivés et disponibles. Ces enseignants, acteurs clés de la transformation du système éducatif, sont engagés dans une culture de qualité pour assurer la réussite scolaire de tous les élèves, sans distinction de genre, de milieu ou de vulnérabilité (enfants déplacés, réfugiés, vivant avec un handicap, etc.).
Les trois axes stratégiques de cette réforme sont :
Revalorisation de la fonction enseignante : Motiver les enseignants et attirer plus de femmes dans la profession.
Recrutement basé sur le mérite et développement professionnel continu : Assurer un développement professionnel pertinent et efficace, axé sur les défis prioritaires, la réussite de tous et l’égalité des genres.
Amélioration des conditions d’enseignement-apprentissage : Créer des environnements propices à l’apprentissage, notamment pour les filles, afin de garantir une scolarisation réussie.
En octobre 2023, le Conseil d’administration du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) a approuvé un financement de 112,5 millions de dollars pour la transformation du système éducatif et 25 millions de dollars pour l’accélération de l’éducation des filles, totalisant 137,5 millions de dollars. De plus, des éléments déclencheurs révisés ont été approuvés pour accéder à une allocation supplémentaire de 50 millions de dollars. Les partenaires co -agents pour ce financement sont la Banque Mondiale (projet PEQIP, 69 millions USD) et l’AFD (projet EFFICACE, 68,5 millions USD).
Le Pacte de partenariat, signé en mars 2022, vise à revitaliser le corps enseignant pour un secteur de l’éducation résilient et performant en RDC.
Mise en œuvre des politiques et coordination sectorielle
La mise en œuvre des politiques éducatives en RDC est marquée par une dynamique de concertation et de partenariat entre les différents acteurs du secteur (Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation 2016-2025). La coordination sectorielle est assurée par le Secrétariat Permanent d’Appui et de Coordination du Secteur de l’Éducation, qui veille à l’alignement des interventions des partenaires techniques et financiers.
PROFIL DE L’EXPERT.E INTERNATIONAL.E
Qualification académique
- Master en sciences de l’éducation ou un domaine connexe.
Expérience professionnelle générale
- Minimum de 15 ans d’expérience dans le secteur de l’éducation.
Expérience professionnelle spécifique
- Minimum 8 ans d’expérience dans le sous-secteur de l’enseignement préscolaire
- Expérience avérée dans la réalisation d’états des lieux et d’élaboration de référentiels de compétences des enseignants du préscolaire.
- Expériences des systèmes éducatifs d’Afrique subsaharienne.
Compétence linguistique
- Maîtrise du français (écrit et oral).
- Maîtrise de l’anglais est un plus.
Compétences interpersonnelles et générales et expérience
- Capacité à travailler en équipe et à communiquer efficacement avec diverses parties prenantes.
- Compétences en renforcement des capacités et en facilitation d’ateliers.
- Expérience dans le dialogue technique et politique, avec une aptitude à naviguer dans des contextes institutionnels complexes.
Atouts
- Connaissance du contexte éducatif de la RDC : Familiarité avec les réformes éducatives en cours et les défis spécifiques du système éducatif congolais.
- Intégration des technologies numériques : Expérience dans l’intégration des technologies numériques dans la formation des enseignants
- Sensibilité aux questions de genre et d’inclusion : Sensibilité aux questions de genre et d’inclusion dans l’éducation, capacité à promouvoir l’égalité des sexes et l’inclusion des groupes vulnérables.
Nota bene : il sera demandé à l’expert d’être en possession d’un certificat de formation sécuritaire HEAT avant toute mission en RDC.