Conformément à son mandat de soutien à l’intégration régionale, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), par l’intermédiaire de son Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Est (BSRO-AE), poursuit ses efforts pour accélérer la réalisation de certains Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030 qui accusent actuellement un retard. Ce projet vise à atteindre l’ODD 2 « Faim zéro » d’ici à 2030, dans un contexte où l’insécurité alimentaire persiste en raison des contraintes pesant sur les systèmes agricoles, des chocs climatiques et de la fragmentation des marchés. Les innovations numériques dans la production et le commerce des produits alimentaires offrent une solution concrète pour renforcer la sécurité alimentaire en améliorant les rendements et la production agricoles, en renforçant la connectivité des marchés, en réduisant les coûts de transaction et en permettant une répartition plus efficace des denrées alimentaires dans la région. L’agriculture demeure un pilier essentiel des économies africaines. Elle représente environ 18 % du PIB en Afrique subsaharienne (2024), et des parts nettement plus élevées dans plusieurs pays où le secteur contribue à hauteur de 30 à 40 % au PIB national (Banque mondiale, 2024). Le secteur agricole est également le principal pourvoyeur d’emplois sur le continent, l’Afrique affichant la part la plus élevée d’emplois agricoles au monde, représentant environ 50 % de l’emploi total en 2023 (OIT, 2024). Malgré son importance économique, l’insécurité alimentaire demeure très répandue sur le continent. En 2022, environ 282 millions de personnes en Afrique, soit près de 20 % de la population, souffraient de sous-alimentation chronique (FAO et al., 2023). Cette situation est encore aggravée par la forte dépendance de l’Afrique aux importations alimentaires. La facture annuelle des importations alimentaires du continent est estimée à 110 milliards de dollars américains d’ici 2025, soit plus du triple de son niveau de 2015, ce qui souligne une dépendance structurelle aux approvisionnements alimentaires extérieurs (Banque africaine de développement, 2023 ; CEA, 2025). Par ailleurs, d’importantes inefficacités persistent tout au long des chaînes de valeur alimentaires. Les pertes après récolte des céréales en Afrique subsaharienne sont estimées entre 30 et 40 %, principalement en raison d’infrastructures de stockage inadéquates, de systèmes logistiques défaillants et de capacités de transformation agroalimentaire limitées (FAO, 2019 ; Banque mondiale, 2020). Les chocs climatiques, notamment les sécheresses et les inondations, ont encore aggravé la baisse de la production agricole dans plusieurs pays. Parallèlement, l’asymétrie d’information et le manque de transparence des prix sur les marchés alimentaires limitent la capacité des producteurs à prendre des décisions éclairées en matière de production et de commercialisation. Dans ce contexte, la production et le commerce numériques des produits alimentaires offrent d’importantes opportunités pour améliorer l’efficacité et la résilience des systèmes alimentaires africains. La production et le commerce numériques des produits alimentaires désignent l’intégration des technologies numériques, telles que les plateformes de commerce électronique, les systèmes de paiement numérique, les outils de traçabilité basés sur la blockchain, les technologies de télédétection, les services de vulgarisation numérique, les outils d’intelligence artificielle et les mécanismes de facilitation des échanges sans papier, dans la production agricole, la commercialisation et le commerce transfrontalier (CNUCED, 2021 ; OCDE, 2020).Ces innovations soutiennent à la fois l’utilisation des technologies numériques dans la production et la transformation agricoles, telles que l’agriculture de précision, la logistique numérique et les systèmes d’information sur les marchés, et la numérisation des processus et plateformes commerciales. En réduisant les coûts de transaction, en améliorant la transparence, en facilitant l’accès aux marchés et en renforçant la coordination des chaînes d’approvisionnement, les technologies numériques peuvent accroître significativement la productivité, la compétitivité et la résilience des systèmes alimentaires africains, tout en soutenant le développement du commerce agricole intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). À cet égard, il est essentiel de repenser les modalités du commerce alimentaire en Afrique. L’utilisation des plateformes numériques dans le commerce international et régional peut contribuer à réduire l’insécurité alimentaire en reliant les régions à faible potentiel agricole ou à forte population confrontées aux changements climatiques, aux crises pandémiques et aux problèmes de sécurité, aux régions excédentaires en production alimentaire. L’essor des téléphones portables, d’Internet et d’autres innovations numériques pourrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire et les chaînes de valeur agricoles en Afrique en facilitant la communication sur la disponibilité alimentaire dans les pays excédentaires et les pénuries dans les autres. 2. FONCTIONS ET RESPONSABILITÉS En étroite collaboration avec le chef de projet de la CEA et sous sa direction, le consultant international pilotera la mise en œuvre du projet et coordonnera le travail des consultants nationaux dans les pays francophones et anglophones. Il réalisera une évaluation complète et détaillée de l’état actuel du commerce numérique et de l’accès aux chaînes de valeur agroalimentaires dans les pays ciblés, et identifiera les lacunes, les besoins et les opportunités d’amélioration de la performance et de la rentabilité de l’utilisation des technologies numériques et de l’IA dans ces chaînes de valeur et l’accès à l’alimentation. S’appuyant sur les évaluations existantes, le consultant international sera chargé des tâches suivantes : a. Production de documents scientifiques : • Examiner les documents existants sur l’état des outils numériques et de l’IA disponibles pour tous les acteurs de la production, de la transformation et du commerce des produits alimentaires dans les pays ciblés. • Réaliser des études nationales de référence, alignées sur l’étude régionale de la CEA, afin d’évaluer, à l’aide de modèles économétriques sélectionnés, l’impact des outils numériques et de l’IA sur la production, la transformation et le commerce des produits alimentaires. • Élaborer des notes d’orientation à l’intention des décideurs politiques sur l’intégration des solutions numériques dans les politiques agricoles, notamment le marketing numérique, la stratégie de marque, la gestion après récolte, les normes de qualité et les plateformes d’échange de produits. b. Renforcer la capacité des États membres à tirer parti des solutions numériques pour les chaînes de valeur agricoles et l’accès aux marchés. • Examiner les supports de formation existants afin de renforcer les capacités techniques des parties prenantes en matière d’utilisation des technologies numériques pour les systèmes de production, les chaînes de valeur, l’accès aux marchés et la sécurité alimentaire. c.Mobilisation des parties prenantes • Collaborer avec les principales parties prenantes, notamment les organismes gouvernementaux, les entreprises et les organisations internationales, afin de garantir un large soutien et des collaborations efficaces. • Contribuer à l’organisation d’ateliers régionaux et nationaux pour partager les meilleures pratiques en matière de gestion de la chaîne d’approvisionnement numérique et aborder les défis du marché tels que l’asymétrie d’information, les normes de qualité et les coûts opérationnels élevés, à l’aide d’études de cas pratiques et d’exemples de solutions numériques.
Qualifications/Compétences
Un master ou un diplôme équivalent en agroéconomie, agronomie, statistiques, études du développement durable ou dans un domaine connexe est requis. Un doctorat dans un domaine connexe est préférable. Une expérience de 7 ans minimum dans l’économie numérique, la numérisation des chaînes de valeur agricoles, l’analyse de la sécurité alimentaire ou des domaines connexes, avec une expérience avérée dans des projets d’agritech et de sécurité alimentaire dans les pays en développement, de préférence en Afrique ou dans une région connexe, est requise. Une expérience en Afrique dans ce domaine est souhaitable. Le consultant international devrait idéalement : ─ Avoir une expérience en analyse statistique et économétrique. ─ Connaître la chaîne de valeur agricole, l’accès à l’alimentation et le commerce numérique. ─ Avoir une expérience de travail avec les institutions nationales (par exemple, le ministère de l’Agriculture). ─ Être capable de travailler sous pression et de fournir un travail de haute qualité. ─ Posséder d’excellentes compétences en communication orale et écrite. ─ Faire preuve d’autonomie, de proactivité et d’un minimum de supervision.
Langues
L’anglais et le français sont les langues de travail du Secrétariat de l’ONU. Pour ce poste, la maîtrise de l’anglais et du français, à l’oral comme à l’écrit, est requise.
Aucun frais de dossier
L’Organisation des Nations Unies ne perçoit aucun frais à quelque étape que ce soit du processus de recrutement (candidature, entretien, traitement du dossier ou formation). L’Organisation des Nations Unies ne demande aucune information relative aux comptes bancaires des candidats.