Jesuit Refugee Service, une organisation catholique internationale fondée en 1980 qui accompagne, sert et défend les droits des réfugiés et des personnes déplacées de force.
1. Introduction et contexte
Le présent appel à manifestation d’intérêt (AMI) décrit les termes de référence de l’évaluation finale d’impact du projet « Renforcement de l’intégration socio-économique des personnes déplacées internes de la République centrafricaine dans les départements de Mbéré et de Vina, région d’Adamaoua, Cameroun ». Ce projet est mis en œuvre par JRS Cameroun avec le soutien financier de Missio Aachen, par l’intermédiaire de l’Agence centrale catholique allemande pour l’aide au développement (KZE).
Ce projet, qui a débuté en janvier 2023 et s’achève le 30 octobre 2025, vise à contribuer à l’intégration sociale et professionnelle des personnes déplacées originaires de la République centrafricaine. L’intervention se déploie sur deux axes principaux :
- Renforcement de la résilience psychosociale : Cibler les jeunes femmes déplacées grâce à un soutien psychosocial, des groupes d’entraide et des structures d’accueil d’enfants.
- Améliorer l’accès au marché du travail : cibler les jeunes Camerounais déplacés et locaux grâce à une formation professionnelle dans les métiers (soudure, couture, coiffure, menuiserie, cordonnerie), une formation aux compétences commerciales et un soutien à la création de coopératives.
Cette évaluation, obligatoire en vertu de la convention de financement, vise à évaluer la performance du projet, à mesurer ses effets et ses impacts, et à tirer des enseignements pour orienter les programmes futurs du JRS, de Missio Aachen et des autres parties prenantes.
L’évaluation portera sur l’intégralité de la période du projet, du [Date de début du projet] au [Date de fin du projet]. L’objet principal d’observation est le projet tel que décrit, y compris ses effets sur les groupes cibles directs et indirects.
2. Objectifs de l’évaluation
MISEREOR et ses partenaires adoptent une approche d’évaluation axée sur l’apprentissage. Les principaux objectifs de cette évaluation sont les suivants :
- Responsabilité : Fournir une évaluation complète et fondée sur des preuves de la pertinence, de l’efficacité, de l’efficience, de l’impact et de la durabilité du projet pour l’agence de mise en œuvre (JRS), le donateur (Missio Aachen/KZE) et les communautés cibles.
- Apprentissage et planification future : Identifier les principaux enseignements tirés et formuler des recommandations concrètes pour :
a) Éclairer la conception des phases de suivi potentielles ou de projets futurs similaires.
b) Renforcer les stratégies du JRS pour soutenir les populations déplacées dans des contextes complexes.
c) Comprendre les impacts différentiels sur divers sous-groupes (par exemple, les femmes par rapport aux hommes, les personnes déplacées par rapport aux jeunes de la communauté d’accueil).
3. Questions auxquelles l’évaluation doit répondre
L’évaluation doit être guidée par les critères du CAD et apporter des réponses aux questions clés suivantes concernant la pertinence :
- Dans quelle mesure les objectifs et la conception du projet (par exemple, les métiers sélectionnés, le modèle de soutien psychosocial) répondaient-ils aux besoins et priorités réels des populations déplacées et de la communauté d’accueil dans les régions de Mbéré et de Vina ?
- Dans quelle mesure la stratégie du projet était-elle appropriée pour améliorer la situation des groupes particulièrement défavorisés, notamment les jeunes femmes déplacées ?
Efficacité :
- Dans quelle mesure les objectifs et indicateurs spécifiques du projet ont-ils été atteints ?
- Quels ont été les principaux facteurs (internes et externes) qui ont influencé la réalisation ou le non-atteinte de ces objectifs ?
- Combien de personnes ont été atteintes par rapport aux objectifs fixés, et quelles étaient les raisons des écarts éventuels ?
Efficacité :
- Le projet a-t-il été mis en œuvre de manière opportune et rentable ? (par exemple, coût par jeune formé, coût par jeune femme bénéficiant d’un soutien psychosocial).
- Dans quelle mesure la gestion, la coordination et la collaboration entre le JRS, les partenaires gouvernementaux (MINEFOP) et les centres de formation ont-elles fonctionné ?
Impact (Effets) :
- Quels changements significatifs (positifs et négatifs, voulus et imprévus) sont survenus dans la vie des bénéficiaires grâce à ce projet ? C’est l’objet principal de l’évaluation, qui doit être examiné en profondeur, notamment :
➢ Économique : Niveaux de revenus, situation professionnelle, créations d’entreprises, acquisition d’actifs.
➢ Social : Cohésion sociale entre les communautés déplacées et les communautés d’accueil, confiance en soi, réduction de la stigmatisation, changements dans la dynamique des genres.
➢ Psychosocial : Bien-être mental, mécanismes d’adaptation, sentiment d’espoir et d’autonomie (en particulier pour les bénéficiaires de l’objectif 1).
- Dans quelle mesure ces changements observés peuvent-ils être raisonnablement attribués aux interventions du projet ?
- Quel a été l’impact du projet sur l’économie locale et les systèmes de marché (par exemple, la saturation de certains commerces) ?
Durabilité :
- Dans quelle mesure les avantages du projet (par exemple, des coopératives fonctionnelles, des moyens de subsistance améliorés, une résilience psychosociale accrue) sont-ils susceptibles de se poursuivre après la fin du financement ?
- Quels sont les facteurs clés (institutionnels, économiques, sociaux, environnementaux) qui influenceront la durabilité des résultats du projet ?
- Quelle est la capacité des coopératives ainsi constituées à fonctionner de manière indépendante ?
Thèmes transversaux :
- Genre et inclusion : Comment le projet a-t-il pris en compte les différents besoins, contraintes et opportunités des hommes et des femmes ? Le soutien apporté était-il adéquat et équitable ?
- Sensibilité aux conflits : Comment le projet a-t-il affecté les relations entre les personnes déplacées et la communauté d’accueil ? A-t-il créé des tensions ou contribué à une coexistence pacifique ?
4. Méthodologie
Le consultant ou l’équipe doit proposer une méthodologie rigoureuse, combinant différentes méthodes, qui soit à la fois participative et sensible au genre. Cette approche doit garantir la triangulation des sources de données et des méthodes afin d’en renforcer la crédibilité.
- Examen documentaire : proposition de projet, rapports, données de suivi, études de référence (le cas échéant) et documents de contexte pertinents.
- Méthodes quantitatives : Enquêtes auprès d’un échantillon représentatif de bénéficiaires du projet (stagiaires, bénéficiaires de soutien psychosocial) et d’un groupe de comparaison de non-participants lorsque cela est possible afin d’évaluer l’impact.
- Méthodes qualitatives :
➢ Entretiens avec des informateurs clés (EIC) avec le personnel du JRS, les responsables du MINEFOP, les directeurs de centres de formation et les dirigeants communautaires.
➢ Discussions de groupe ciblées (FGD) séparément avec les bénéficiaires masculins et féminins, les diplômés, les membres de la coopérative et les membres du groupe d’entraide.
➢ Entretiens approfondis avec un échantillon ciblé de bénéficiaires afin de recueillir des témoignages personnels de changement.
➢ Visites d’observation dans les centres de formation, les coopératives et les sites de projets.
- Outils participatifs : L’utilisation d’outils participatifs issus de la « Boîte à outils d’impact » de l’ONG-IDEAs ou d’outils similaires est encouragée afin de permettre aux bénéficiaires d’évaluer eux-mêmes les changements.
- La proposition du consultant doit détailler : la stratégie et la taille de l’échantillon, les outils de collecte de données, les méthodes d’analyse des données et un plan clair pour assurer une collecte de données éthique et sécurisée, en particulier concernant les groupes vulnérables et les sujets psychosociaux sensibles.
5. Organisation de la mission
- Équipe d’évaluation : L’équipe doit posséder une expertise en évaluation d’impact, en recherche à méthodes mixtes, en formation professionnelle et programmes de moyens de subsistance, en soutien psychosocial (SPSMS) et en intervention dans des contextes de conflit en Afrique centrale. La maîtrise du français et des langues locales est essentielle.
- Soutien du JRS : Le JRS désignera un point focal, fournira tous les documents de projet nécessaires, facilitera les présentations aux parties prenantes et aux bénéficiaires, et apportera un soutien logistique (transport, hébergement, traduction/interprétation selon les besoins).
- Calendrier :
➢ Soumission des offres : 30 novembre 2025
➢ Finalisation du contrat : début décembre 2024.
➢ Adresse électronique pour les candidatures : [email protected]
➢ Rapport initial : À soumettre après examen documentaire, détaillant la méthodologie finalisée et le plan de travail.
➢ Mission sur le terrain : du 1er au 27 décembre
➢ y compris :
▪ Réunion de lancement avec JRS.
▪ Collecte de données dans les zones du projet (Mbéré et Vina).
▪ Un atelier de débriefing à la fin de la mission sur le terrain pour présenter les résultats préliminaires au JRS et aux principales parties prenantes.
➢ Date limite de soumission du projet de rapport : 02-01-2026
➢ Remise du rapport final : 10-01-2026
6. Rapport
Le rapport d’évaluation doit respecter les « Exigences minimales relatives aux rapports d’évaluation des projets financés par MISEREOR/Agence centrale catholique allemande d’aide au développement (KZE) ». Les principales exigences sont les suivantes :
- Longueur : 25 à 40 pages (annexes exclues).
- Langue : français ou anglais.
- Structure : Doit inclure une page de couverture, un résumé (2-3 pages), une introduction, une méthodologie, des résultats, une analyse par rapport aux critères du DAC, des conclusions et des recommandations concrètes.
- Le rapport doit clairement distinguer les constatations, les conclusions et les recommandations. Les données doivent être ventilées par sexe, âge et statut de déplacement (le cas échéant).
- Le consultant principal sera responsable de la qualité du rapport et de sa soumission dans les délais impartis.
Comment postuler
Les consultants individuels nationaux intéressés doivent soumettre les documents suivants :
- CV, lettre de motivation, justificatifs de travaux antérieurs pertinents et offre technique
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- Proposition financière : Un budget détaillé couvrant les honoraires du consultant, ses indemnités journalières, ses frais de déplacement et autres coûts associés. Ce budget doit indiquer clairement le nombre de jours de consultation pour chaque phase (préparation, travail de terrain, rédaction du rapport).
Adresse électronique pour les candidatures : [email protected]