Elodie ADOSSOU : avec Invest Fiesta, la Béninoise qui bouscule les codes de l’entrepreneuriat au Bénin et en Afrique

Elodie ADOSSOU : avec Invest Fiesta, la Béninoise qui bouscule les codes de l’entrepreneuriat au Bénin et en Afrique
Crédit Photo : DR

 Du Canada au Bénin, Elodie ADOSSOU a construit son parcours entrepreneurial à force d’audace, de persévérance et de conviction. À la tête d’Invest Fiesta, la promotrice d’Invest Fiesta revendique une vision du monde des affaires fondée sur l’indépendance, la satisfaction du client et la capacité à transformer les difficultés en occasions d’aller plus loin. Portrait d’une entrepreneure dont l’ambition dépasse les frontières.

Il y a, dans certains parcours entrepreneuriaux, une part de hasard. Dans le sien, il y a surtout une succession de choix assumés, nourris par l’expérience, l’observation et une volonté constante d’aller de l’avant.

Avant de devenir la promotrice d’Invest Fiesta, elle a d’abord fait ses armes au Canada. Son premier projet entrepreneurial est pour le moins inattendu : une franchise spécialisée dans l’entretien des pelouses et l’aménagement paysager. Un univers qu’elle connaissait à peine lorsqu’elle décida de s’y aventurer. Elle n’avait jamais tondu une pelouse ni planté de fleurs. Mais cette absence d’expérience pratique ne fut pas, à ses yeux, une raison suffisante pour renoncer.

Elodie ADOSSOU : avec Invest Fiesta, la Béninoise qui bouscule les codes de l’entrepreneuriat au Bénin et en Afrique

Cette audace trouve une partie de ses racines dans son histoire familiale. Sa mère, entrepreneure depuis plusieurs décennies, fut l’une de ses premières sources d’inspiration. Très tôt, elle découvre à ses côtés les exigences du travail, le sens de l’effort et la réalité d’une activité indépendante. L’entrepreneuriat ne lui apparaît donc pas comme une simple recherche de réussite financière, mais comme une manière de construire, de prendre des responsabilités et de créer sa propre trajectoire.

Son parcours académique témoigne, lui aussi, d’une solide préparation. Au Canada, elle obtient une licence en économie-finance, puis une maîtrise en finance et une certification CPA-CGA. Elle commence sa carrière comme technicienne comptable avant d’évoluer vers des responsabilités de direction administrative et financière. La création d’entreprise apparaît alors comme le prolongement naturel d’un parcours construit autour de la gestion, de la rigueur et de la prise de décision.

Mais au-delà des diplômes et des fonctions, c’est l’expérience qui semble avoir façonné sa conception de l’entrepreneuriat. Elle en parle avec une franchise peu commune : entreprendre lui a appris la persévérance, la patience et, surtout, la nécessité de ne pas céder devant les obstacles.

« Je travaille pour ne pas devenir esclave de l’argent », résume-t-elle lorsqu’elle évoque son rapport à la réussite. Une phrase qui dit beaucoup de sa philosophie. L’argent demeure un moyen, jamais une finalité absolue. Ce qui compte davantage, c’est la liberté qu’offre l’entrepreneuriat, la possibilité de créer et de faire grandir une activité qui répond à un besoin réel.

Une ambition assumée

L’ambition est probablement le mot qui revient le plus naturellement lorsqu’elle décrit sa personnalité. Elle la considère à la fois comme sa principale qualité et, avec une pointe d’autodérision, comme son principal défaut.

Cette ambition n’est pourtant pas synonyme de précipitation. Elle revendique au contraire une approche fondée sur la patience et la progression. Son parcours lui a appris qu’une entreprise ne se construit pas en un jour et que la confiance des clients se mérite au fil du temps.

C’est précisément ce rapport au temps qui accompagne la construction d’Invest Fiesta.

L’entreprise est née de la volonté de réunir plusieurs savoir-faire autour de l’événementiel et des services associés. À l’offre initiale se sont progressivement ajoutées différentes prestations, notamment autour des boissons, du champagne, des cocktails et du service de boissons à la pression. Une évolution qui répond avant tout aux demandes exprimées par les clients.

La logique est simple : observer les besoins, écouter le marché et adapter l’offre.

Dans cet environnement, elle a également dû composer avec les doutes et les résistances. Certains ne croyaient pas véritablement à son projet. D’autres considéraient son activité comme une expérience passagère, presque comme un loisir. Elle choisit pourtant de poursuivre sa route.

La véritable validation viendra du terrain.

Des clients satisfaits reviennent. Puis reviennent encore. Une cliente qui lui confie l’organisation d’un événement revient ainsi année après année pour les cérémonies de ses filles. Une autre, initialement sceptique, finit par lui accorder sa confiance et devient, au fil du temps, une cliente régulière pour ses événements importants.

Pour l’entrepreneure, ces fidélités valent davantage que n’importe quel discours. Elles constituent la preuve qu’une entreprise peut trouver durablement sa place lorsqu’elle répond à une attente concrète.

Elodie ADOSSOU : avec Invest Fiesta, la Béninoise qui bouscule les codes de l’entrepreneuriat au Bénin et en Afrique

La confiance comme capital

À Invest Fiesta, la satisfaction du client occupe une place centrale. Pour sa promotrice, un client insatisfait ne représente pas seulement une difficulté commerciale : il signifie que l’entreprise n’a pas rempli sa mission.

Cette exigence explique une partie de l’importance qu’elle accorde au travail collectif.

Son style de management repose largement sur la délégation et l’autonomie. Elle apprécie chez ses collaborateurs leur capacité à prendre des initiatives et à travailler avec indépendance. Elle ne conçoit pas l’entreprise comme une structure où une seule personne décide de tout, mais comme une équipe appelée à évoluer ensemble.

Certains collaborateurs l’accompagnent d’ailleurs depuis les premières années de l’aventure. Cette fidélité réciproque constitue, à ses yeux, une richesse.

Elle sait également ce qu’elle ne veut pas mélanger. La famille et les affaires doivent, selon elle, conserver des espaces distincts. Une conviction forgée par l’expérience et par l’observation de son environnement familial. Dans son esprit, préserver cette séparation permet de protéger à la fois les relations personnelles et les exigences professionnelles.

Une femme dans un univers encore masculin

Son parcours prend une dimension particulière lorsqu’elle évoque la place des femmes dans le monde des affaires au Bénin.

Elle ne nie ni les avancées ni les possibilités offertes aux femmes, mais reconnaît les difficultés auxquelles elles peuvent encore être confrontées. Dans le secteur dans lequel elle évolue, beaucoup de ses interlocuteurs professionnels sont des hommes. Être une femme, et parfois une jeune femme, peut donc constituer un défi supplémentaire lorsqu’il faut s’imposer, négocier ou faire reconnaître la valeur de son entreprise.

Elle n’en fait toutefois pas un motif de renoncement.

Son parcours semble plutôt illustrer une conviction : la légitimité entrepreneuriale se construit par la compétence, la constance et les résultats.

À celles qui souhaitent se lancer, elle adresse d’ailleurs une formule qui résume sa philosophie : « Ce n’est pas qui veut qui entreprend, c’est qui peut. »

Derrière cette phrase se trouve une invitation à aller au-delà du simple désir de réussir. Avant de créer une entreprise, il faut savoir ce que l’on apporte, pourquoi un client choisirait son offre plutôt qu’une autre, quel besoin l’on entend résoudre et quelle différence l’on peut réellement apporter.

Pour elle, tout le monde aspire au succès. Ce qui distingue les entrepreneurs, c’est leur capacité à trouver leur propre voie et à persévérer lorsque les premières difficultés apparaissent.

Voir plus loin que les frontières

Cette vision explique aussi ses ambitions pour Invest Fiesta.

Son regard ne se limite plus au marché béninois. Elle envisage progressivement une présence dans d’autres pays africains, notamment au Ghana et au Burkina Faso. L’objectif est de franchir de nouvelles étapes dans les prochaines années, avec une implantation à Ouagadougou envisagée à moyen terme.

Cette ambition internationale ne constitue pas un reniement de ses racines. Elle s’inscrit plutôt dans la continuité d’un parcours déjà marqué par la mobilité entre deux univers : le Canada, où elle a commencé son aventure professionnelle et entrepreneuriale, et le Bénin, où elle a choisi de poursuivre son développement.

Près d’une décennie après son retour à Cotonou, son histoire témoigne ainsi d’une volonté de bâtir ici tout en gardant les yeux ouverts sur l’ailleurs.

La foi comme boussole

Il existe enfin une dimension plus intime dans son rapport à l’entrepreneuriat : la foi.

Elle évoque Dieu non comme une réponse magique aux difficultés, mais comme une présence qui l’accompagne dans les périodes d’incertitude. Les épreuves, les moments où elle a pu avoir le sentiment d’avoir tout perdu, ont renforcé chez elle la nécessité d’avancer malgré le doute et d’oser entreprendre ce qu’elle ne se croyait pas toujours capable d’accomplir.

Cette foi nourrit aussi une forme d’acceptation face à l’inattendu. Dans les affaires comme dans la vie, elle a appris à faire sa part, à prendre des décisions et à avancer, tout en laissant une place à ce qui échappe au contrôle humain.

C’est peut-être là que se trouve l’une des clés de son parcours : savoir conjuguer ambition et patience, volonté et humilité, contrôle et confiance.

Lorsqu’elle regarde le chemin parcouru, elle ne se présente donc pas comme quelqu’un qui aurait découvert une formule parfaite pour réussir. Elle parle plutôt d’apprentissage, d’obstacles surmontés et de décisions parfois prises dans l’incertitude.

Son histoire est celle d’une femme qui a quitté un environnement qu’elle connaissait pour revenir construire au Bénin, qui a changé d’univers professionnel, appris de ses expériences et transformé progressivement une idée en entreprise.

À travers Invest Fiesta, elle poursuit désormais une ambition plus vaste : inscrire son savoir-faire dans la durée, gagner de nouveaux marchés et porter son entreprise au-delà des frontières.

Et derrière cette ambition demeure une conviction simple, presque une ligne directrice : il ne suffit pas de vouloir entreprendre. Il faut avoir quelque chose à apporter, accepter de persévérer et trouver la force d’avancer lorsque le chemin devient incertain.