En 2050, l’Afrique devrait compter 2,2 milliards d’habitants dont 1,4 milliard d’urbains. A cette échéance, deux Africains sur trois habiteront une ville. Certaines villes figureront même parmi les plus peuplées au monde, avec leurs lots de défis à relever par les régions et les États.
Selon l’étude, à l’horizon 2050, dans 42 des 54 pays du continent, 50% de la population ou plus devrait vivre dans les zones urbaines.
Dans 28 pays, le taux d’urbanisation devrait dépasser les 66%. Les pays devant afficher des taux d’urbanisation inférieur à 50% en 2050 sont essentiellement ceux du Sahel et d’Afrique de l’Ouest: Burkina Faso, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad, Éthiopie, Madagascar, Tanzanie, Malawi et Zimbabwe.
Toutefois, le taux d’urbanisation moyen ne doit pas occulter de très fortes disparités régionales et nationales.
Maurice est le seul pays africain dont la population urbaine devrait diminuer au cours de la période 2020-2050. C’est aussi le seul pays du continent dont la population devrait diminuer au cours de la période de projection.
Hormis cet archipel, tous les autres pays africains devraient voir leur taux d’urbanisation croitre durant la période. Certains pays qui affichent des taux d’urbanisation élevés, devraient enregistrer des variations modestes.
C’est le cas de ceux de l’Afrique du Nord, la région la plus urbanisée du continent et qui figure parmi les régions les plus urbanisées au monde.
C’est toutefois l’Afrique centrale qui devrait afficher la plus forte augmentation de la population urbaine avec un taux d’urbanisation devant passer de 50% en 2020 à 66% en 2050. Quant à l’Afrique de l’Est, elle demeurera la moins urbanisée sur la période et verra son taux d’urbanisation passer de 44% à 57%.
Cela s’explique par le fait que des pays peuplés comme l’Éthiopie et Madagascar devront afficher des taux d’urbanisation inférieur à 40% à l’horizon 2050.
A noter aussi que dans 13 pays du continent, la plus grande agglomération urbaine devrait compter pour plus de 60% dans la population totale en 2050.
Cela est particulièrement le cas dans les petits pays où l’expansion des zones urbaines conduit à la formation de vastes agglomérations.
C’est le cas de la Gambie où l’agglomération de Banjul, la capitale, pourrait concentrer 91% de la population urbaine totale du pays en 2050.
Au-delà de la forte urbanisation de la population africaine, il y a aussi le phénomène de formation de méga-agglomérations au niveau du continent.
«L’apparition de ce type d’unités urbaines résulte de l’expansion des grandes agglomérations urbaines et de la forte croissance de la population des zones avoisinantes, entrainant des phénomènes de fusion et d’absorption à grande échelle», souligne le document. Ainsi, à l’horizon 2050, l’Afrique comptera 159 agglomérations urbaines de plus de 1 million d’habitants et 17 mégapoles de plus de 10 millions d’habitants.
En 2050, l’Afrique comptera certaines des villes les plus peuplées au monde. Et en dehors de l’Asie, Nairobi (Kenya), Le Caire (Égypte), Lagos (Nigeria) et Onitsha (Nigeria) figureront au sommet des villes les plus peuplées de la planète.
Le Top 10 des futures villes et agglomérations les plus peuplés du continent est complété par Luanda (21,2 millions d’habitants), Johannesburg (20,33 millions d’habitants), Bujumbura (19,78 millions d’habitants), Kampala (17,18 millions d’habitants) et Dar es Salam (15,60 millions d’habitants).
Voici les 10 villes qui seront les plus peuplées à l’horizon 2050
Villes ou agglomération | Superficie/km2 | Population en millions d’habitants |
Densité (hts/km2) |
Nairobi* (Kenya) | 56.330 | 57,20 | 1.015 |
Le Caire (Egypte) | 5.320 | 55,50 | 10.448 |
Lagos (Nigeria) | 7.880 | 36,86 | 4.676 |
Onitsha*(Nigeria) | 8.260 | 30,19 | 3.655 |
Khartoum (Soudan) | 5.650 | 22,7 | 4.026 |
Luanda (Angola) | 4.020 | 21,2 | 5.270 |
Johannesburg (Afrique du Sud) | 6.500 | 20,33 | 3.125 |
Bujumbura* (Burundi) | 12.340 | 19,79 | 4.026 |
Kampala (Ouganda) | 7.280 | 17,18 | 2.361 |
Dar es Salam (Tanzanie) | 5.430 | 15,60 | 2.870 |