Après la RDC, un autre pays d’Afrique confirme vivre un début de drame avec l’ebola. L’Ouganda a officiellement confirmé ce mardi 19 mai 2026 que plus d’une centaine de personnes se trouvaient placées en quarantaine dans un lieu tenu secret. Ces individus font l’objet d’une surveillance médicale continue pour détecter tout signe du virus Ebola. Le pays réagit ainsi à la propagation d’une épidémie partie de la province d’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Alan Kasujja, directeur exécutif de l’Uganda Media Centre, a tenu à rassurer l’opinion. Les personnes isolées « sont prises en charge par un personnel médical très expérimenté », a-t-il déclaré. Il a précisé que le problème avec Ebola reste le contact humain : « Nous demandons aux gens d’être prudents, de prendre des précautions. » Kasujja a également indiqué que le président Yoweri Museveni était en contact direct avec son homologue congolais Félix Tshisekedi, afin que la situation soit maîtrisée à la source.
Sur le plan épidémiologique, deux cas confirmés en laboratoire, dont un mortel, ont été enregistrés à Kampala les 15 et 16 mai 2026. Ces deux personnes arrivaient de République démocratique du Congo et ne présentaient aucun lien apparent entre elles. La rapidité de la contamination transfrontalière a conduit les autorités à hausser le niveau de vigilance.
La situation en RDC reste la source du problème. Au 19 mai, selon le gouvernement français qui suit l’évolution de la crise, 131 décès et 513 cas suspects avaient été recensés en RDC. L’épicentre se situe en province d’Ituri. Des foyers suspects ont également été signalés dans le Nord-Kivu voisin ainsi qu’à Kinshasa, la capitale congolaise.
La souche en cause, dite Bundibugyo, aggrave considérablement la réponse sanitaire. Aucun traitement ni vaccin spécifique homologué n’existe contre cette variante, contrairement aux souches Ebola Zaïre pour lesquelles des solutions thérapeutiques sont disponibles. Les équipes médicales s’appuient donc exclusivement sur les mesures barrières, le traçage des contacts et l’isolement.
En Ouganda, un laboratoire mobile a été installé à l’hôpital de Bwera, à proximité du point de passage avec la RDC. Des équipes mobiles ont été déployées aux points d’entrée officiels et informels, le long de la frontière occidentale. Ces mesures visent à couper les chaînes de transmission avant qu’elles ne s’étendent vers d’autres régions du pays.
L’OMS a déclaré cette épidémie urgence sanitaire internationale le 17 mai. L’institution a explicitement déconseillé la fermeture des frontières, estimant que cette mesure risque de pousser les flux de population vers des passages non surveillés. Selon l’OMS, le risque de propagation est élevé dans tous les pays qui partagent une frontière avec la RDC, en raison de la forte mobilité des populations et de l’intensité des échanges commerciaux dans la région.
Alan Kasujja a résumé la logique qui guide la coordination entre Kampala et Kinshasa : « S’il y a un problème dans l’est de la RDC, il y a un problème du côté ougandais. » Cette interdépendance sanitaire entre les deux pays structure l’ensemble de la réponse régionale à cette crise.
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