Donald Trump a exhorté l’Iran à «devenir sérieux avant qu’il ne soit trop tard», alors que Téhéran entend choisir les conditions de la fin des hostilités et refuse même de négocier avec les USA.
«Les négociateurs iraniens sont très différents et bizarres. Ils feraient bien de devenir sérieux très vite, avant qu’il ne soit trop tard. Il n’y aura pas de retour en arrière, et ça ne va pas être joli», a estimé le président américain sur son réseau Truth social.
«Ils nous supplient de conclure un accord, ce qu’ils devraient faire puisqu’ils ont été anéantis sur le plan militaire, sans la moindre chance de se rétablir, et pourtant ils déclarent publiquement qu’ils ne font que regarder notre proposition. FAUX!!! Ils feraient bien de devenir sérieux très vite», a-t-il souligné.
Depuis le début de la semaine, des initiatives diplomatiques se développent pour arrêter une guerre dont les conséquences économiques mondiales se font sentir chaque jour un peu plus.
Islamabad, médiateur de premier plan de par ses bonnes relations avec Washington et Téhéran, a réaffirmé l’existence de négociations indirectes «par le biais de messages» transmis par ses soins.
«Les États-Unis ont transmis (un plan en) 15 points, actuellement examinés par l’Iran», selon le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. «Des pays frères comme la Turquie et l’Égypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative», a-t-il ajouté sur X.
Pékin affirme aussi voir «des signaux en faveur de négociations» de part et d’autre.
Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, maintenait encore mercredi que l’Iran comptait «continuer à résister». La République islamique veut «mettre fin à la guerre à ses propres conditions», soulignait-il, relevant que la seule transmission de messages ne pouvait «en aucun cas être qualifiée de dialogue ni de négociation».
«Les atouts stratégiques de l’Iran»
Les États du Golfe, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont demandé à être associés au processus, afin de «contribuer au renforcement de leur sécurité et de leur stabilité», a indiqué Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Qatar, Koweït et Oman).
Israël poursuit sa stratégie d’élimination des figures du pouvoir. Dernière en date, le chef de la marine des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran.
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé la mort d’Alireza Tangsiri, «directement responsable du minage et du blocage du détroit d’Ormuz». Et promis à ses chefs de «continuer à les traquer un par un». Téhéran n’a pas immédiatement confirmé.
Dans l’autre camp, l’intransigeance de Téhéran témoigne de la confiance de ses dirigeants malgré la décapitation de sa hiérarchie, dont le guide suprême Ali Khamenei, tué le premier jour de la guerre le 28 février.
«En remplaçant ses pertes par un vaste vivier de dirigeants subalternes, l’Iran a non seulement été en mesure de poursuivre ses représailles face aux attaques américaines et israéliennes, mais aussi d’élargir la liste de ses cibles», note le Soufan Center, basé à New York.
« À de rares exceptions près, l’ensemble des dirigeants du régime qui ont survécu insistent pour utiliser les atouts stratégiques de l’Iran pour dissuader les États-Unis de l’attaquer à l’avenir».
Avec AFP