Demi-finale CAN 2025 : pourquoi le Sénégal menace-t-il ses supporters ?

‎Industrie défense Sénégal usine

Crédit Photo : Au-Senegal

Le mercredi 14 janvier 2026, le Sénégal et l’Égypte s’affronteront en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025).

A l’approche du match, les deux fédérations communiquent avec leurs supporters. Mais leurs messages révèlent deux approches diamétralement opposées. D’un côté l’optimisme et la sérénité. De l’autre la mise en garde et l’inquiétude.

L’Égypte joue la carte de la confiance

La Fédération égyptienne de football affiche une tranquillité olympique. Son message aux supporters ? Tout va bien. Les Pharaons se préparent dans les meilleures conditions. Rien à craindre. Juste à encourager.

La fédération a publié des images rassurantes des entraînements des joueurs. On voit l’équipe nationale travailler sereinement sous la direction de l’entraîneur Hossam Hassan. Les joueurs enchaînent les exercices. Ils peaufinent leur préparation. Ils affûtent leurs armes pour le grand rendez-vous.

La communication reste purement technique et sportive. La réunion technique a tranché sur les couleurs des maillots. L’Égypte jouera en maillot rouge, short blanc et chaussettes noires. Le Sénégal évoluera en tenue entièrement verte. Match prévu mercredi à 19h00 heure du Caire. Voilà. Simple. Efficace. Sans drama.

Le calendrier des préparatifs a été détaillé avec précision. Les Pharaons ont tenu leur dernière séance d’entraînement à Agadir. Ils se sont ensuite rendus à Tanger à 20h. Ils termineront leur préparation sur place avant d’affronter les Lions de la Teranga. Tous les joueurs ont participé à l’entraînement sauf Mohamed Hamdi, parti en Allemagne pour une opération du ligament croisé.

La séance s’est déroulée en présence du gratin de la fédération. Hani Abu Rida, président du conseil d’administration et superviseur de l’équipe première. Hamada El Sherbini, Mustafa Abu Zahra, Mohamed Abu Hussein et Walid Darwish, membres du conseil d’administration. Tout ce beau monde réuni pour montrer que l’Égypte prend cette demi-finale au sérieux mais sans panique ni stress excessif.

Le message subliminal ? Nous sommes prêts. Nos joueurs sont concentrés. Notre fédération est mobilisée. Nos supporters n’ont qu’à venir encourager dans la joie et la bonne humeur.

Le Sénégal sort le bâton et les menaces

Changement radical d’atmosphère du côté sénégalais. La Fédération Sénégalaise de Football a publié un communiqué qui sonne comme un avertissement sans frais. Voire comme une menace à peine voilée envers ses propres supporters.

Le ton est donné dès le début. La FSF exhorte l’ensemble des supporters à faire preuve d’un comportement exemplaire, responsable et respectueux des règlements en vigueur. Exhorter. Un verbe qui ne laisse pas de place au doute. Ce n’est pas une suggestion. C’est un ordre déguisé.

La fédération dresse ensuite une liste d’interdictions formelles. Elle rappelle avec fermeté que l’introduction et l’usage de fumigènes, de pointeurs lasers ou de tout autre objet dangereux sont strictement proscrits dans l’enceinte du stade ainsi qu’à ses abords immédiats.

Puis viennent les menaces. Parce qu’il faut bien appeler un chat un chat. La FSF énumère les risques et conséquences. Ces pratiques compromettent gravement la sécurité des joueurs, des officiels et du public. Elles portent une atteinte manifeste à l’image de marque du football sénégalais sur la scène internationale.

Et le coup de massue final. Suite aux incidents déplorés lors des rencontres Bénin contre Sénégal et Mali contre Sénégal, notre équipe nationale s’est déjà exposée à de lourdes sanctions disciplinaires de la part de la Confédération Africaine de Football.

Autrement dit, vous les supporters, vous nous avez déjà mis dans la panade deux fois. Si vous recommencez, on est mal. Très mal. La CAF ne rigole plus. Elle a déjà sévi. Elle peut frapper encore plus fort.

Le communiqué se termine par un appel à la discipline et au patriotisme. La Fédération sollicite le sens élevé de la responsabilité et le patriotisme des supporters pour que cet événement demeure une fête du football africain, empreinte de fair-play et de sécurité.

La phrase de conclusion ressemble à une supplique. Soutenons les Lions de la Teranga avec ferveur, tout en maintenant une discipline irréprochable.

Deux visions du supportérisme

Ces deux messages révèlent deux philosophies complètement différentes face aux supporters.

L’Égypte fait confiance. Elle considère que ses supporters savent se tenir. Qu’ils n’ont pas besoin qu’on leur fasse la leçon. Qu’ils viendront naturellement encourager leur équipe sans poser de problèmes. La fédération se concentre donc sur l’essentiel. Les entraînements. La préparation. Les aspects techniques du match.

Le Sénégal se méfie. Il sait que ses supporters peuvent déraper. Qu’ils l’ont déjà fait. Que la situation est tendue. La fédération passe donc plus de temps à faire la police qu’à parler de football. Elle anticipe le pire. Elle met en garde. Elle menace de sanctions. Elle rappelle les bourdes passées.

On peut se demander laquelle des deux approches est la plus efficace. Faire confiance risque de laisser la porte ouverte aux débordements. Mais menacer peut aussi créer un climat de tension qui favorise justement ce qu’on cherche à éviter.

Le poids du passé

La différence d’approche s’explique surtout par l’historique récent. L’Égypte n’a apparemment pas connu de problèmes majeurs avec ses supporters lors de cette CAN. Sa fédération peut donc se permettre de rester zen.

Le Sénégal traîne deux casseroles. Les incidents contre le Bénin et contre le Mali. À chaque fois, des fumigènes. Des pointeurs lasers. Des comportements dangereux qui ont attiré l’attention de la CAF. Et quand la CAF vous a dans le collimateur, mieux vaut marcher droit.

La fédération sénégalaise se retrouve donc dans une position inconfortable. Elle doit gérer à la fois la préparation sportive de son équipe et le comportement de ses supporters. Double peine. Double stress. Double travail.

Le message caché aux joueurs

Ces deux communications ne s’adressent pas qu’aux supporters. Elles envoient aussi un message subliminal aux joueurs des deux équipes.

Les joueurs égyptiens reçoivent un message rassurant. Tout est sous contrôle. Vous n’avez qu’à vous concentrer sur le football. Le reste, on s’en occupe. Pas de pression supplémentaire. Pas de stress inutile. Jouez votre match et gagnez.

Les joueurs sénégalais reçoivent un message plus anxiogène. Attention, nos supporters risquent de poser problème. On est déjà sous surveillance. Si ça dérape encore, on risque gros. Vous jouez donc avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Gagnez, mais faites aussi en sorte qu’il n’y ait pas de débordements dans les tribunes.

Quelle équipe jouera avec le plus de sérénité ? La réponse semble évidente.

L’image du football africain en jeu

Au-delà de cette demi-finale, c’est l’image du football africain qui se joue dans ces gradins. Chaque incident renforce les clichés sur les supporters africains incontrôlables. Chaque fumigène allumé donne des arguments à ceux qui disent que l’Afrique n’est pas capable d’organiser des compétitions dans le calme.

La CAF le sait. C’est pourquoi elle sévit de plus en plus durement. Les sanctions financières pleuvent. Les matchs à huis clos se multiplient. Les fédérations nationales tremblent à l’idée de voir leurs supporters déraper.

Le football africain mérite mieux que ça. Il mérite des stades pleins et joyeux. Des supporters passionnés mais respectueux. Des ambiances de feu sans que le feu ne soit littéral. Des encouragements vibrants sans que les lasers n’aveuglent les joueurs.

Rendez-vous mercredi pour le verdict

Dans deux jours, le ballon va rouler. Les joueurs égyptiens en rouge. Les joueurs sénégalais en vert. Et dans les tribunes, deux groupes de supporters avec des consignes bien différentes.

Les Égyptiens arriveront confiants, soutenus par une fédération sereine qui leur fait confiance. Les Sénégalais arriveront sous surveillance, conscients que leur fédération les a à l’œil et que la moindre bêtise peut coûter cher.

Qui l’emportera sur le terrain ? Impossible à prédire. Mais une chose est sûre. Le match se jouera aussi dans les tribunes. Et là, l’Égypte semble avoir une longueur d’avance en matière de communication et de gestion de ses supporters.

Reste à voir si la confiance égyptienne était justifiée et si les menaces sénégalaises suffiront à calmer les ardeurs. Réponse mercredi soir. Sur le terrain et dans les gradins.

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp