Décès d’un collégien dispensé de sport : son professeur condamné

Décès d'un collégien

Crédits photo : L-Frii Media

Un professeur d’EPS a été reconnu coupable mardi d’homicide involontaire et condamné à 18 mois de prison avec sursis à la suite du décès en 2020 d’un de ses élèves, qui avait participé à une séance d’endurance malgré une dispense de sport.

Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), qui rendait sa décision en délibéré, a également condamné l’enseignant à une amende de 5.000 euros.

Le procureur, lors du procès le 25 novembre, avait dénoncé une faute « caractérisée » du prévenu et requis une peine de deux ans de prison avec sursis. La défense avait plaidé la relaxe.

Le jeune Baptiste, qui allait avoir 13 ans et souffrait depuis sa petite enfance d’un problème d’hypertrophie du myocarde, avait été pris d’un malaise le 1er décembre 2020 lors d’une épreuve d’endurance en course à pied dans son collège de Bons-en-Chablais. Il était décédé le lendemain à l’hôpital de Genève où il avait été évacué.

L’enquête avait établi que l’adolescent, comme tous les élèves dispensés de sport pour raison médicale, avait pour obligation d’assister au cours -en tenue de sport- et de participer à des tâches « annexes » comme le chronométrage. Mais il s’était écroulé alors qu’il effectuait des tours de piste en courant avec ses camarades.

L’enseignant quinquagénaire avait affirmé à la barre avoir été informé « entre deux portes » par son élève qu’il avait un « problème cardiaque » mais avoir ignoré qu’il était en possession d’une dispense de sport. Il avait également regretté de devoir « assumer tout seul ce drame », sans la communauté éducative à ses côtés.

Les parents de l’enfant, Xavier Ledoux et Mélanie Jacques, avaient pour leur part insisté sur le fait que l’établissement scolaire avait été dès l’année précédente et à plusieurs reprises informé des problèmes de santé de leur enfant.

« Qui peut se contenter d’une peine aussi faible ? (…) 18 mois avec sursis pour la mort d’un gamin de 12 ans, c’est très peu payé », a réagi M. Ledoux après le rendu de la décision. « On ne va pas s’arrêter là, on va continuer, on va donc aller vers une plainte contre l’Education nationale », a-t-il ajouté.

Le professeur « était le coupable idéal, le coupable tout désigné (…) L’Education nationale est totalement absente », a déploré de son côté son avocate Me Mathilde Reboux, qui a annoncé vouloir faire appel de la décision.

© Agence France-Presse

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