Dans une étude, la FAO a noté une hausse des prix à la production des oléagineux en 2024, avec l’Afrique particulièrement touchée.
Sur le continent, plusieurs pays enregistrent des augmentations importantes. L’Égypte arrive en tête avec une hausse de 35 %, suivie de la Zambie (27 %) et du Ghana (17 %).
Cette situation s’explique principalement par des conditions météorologiques défavorables et des pénuries d’eau prolongées, qui ont réduit les récoltes.
Moins de production signifie moins d’offre, donc des prix plus élevés pour les producteurs.
Les oléagineux concernent des cultures comme le soja, le palmier à huile, le colza ou le tournesol, utilisées notamment pour produire de l’huile alimentaire.
L’indice des prix à la production correspond ici aux prix que les producteurs reçoivent lorsqu’ils vendent ces produits.
À l’échelle mondiale, la hausse est également notable. En 2024, l’IPP des cultures oléagineuses a augmenté de 7,4 %, contre 2,2 % en 2023. Cela met fin au ralentissement observé entre 2021 et 2023.
Cette augmentation s’est accentuée à partir du milieu de l’année 2024. Elle est liée à la hausse des prix des principales huiles, notamment l’huile de palme, de soja, de colza et de tournesol, ainsi qu’à la baisse des stocks dans les pays exportateurs. Quand les stocks diminuent, les produits deviennent plus rares, ce qui pousse les prix à la hausse.
L’huile de palme a joué un rôle clé. Des pluies excessives en Asie du Sud-Est ont réduit la production en Indonésie et en Malaisie, les deux principaux exportateurs mondiaux, limitant ainsi les quantités disponibles sur le marché international.
En Chine, la production nationale a baissé, ce qui a entraîné une hausse de 12 % de l’IPP des oléagineux, en raison d’un recours accru aux importations.
Les prix de l’huile de soja ont augmenté sous l’effet d’une forte demande mondiale, tandis que ceux du colza et du tournesol ont progressé à cause d’une offre plus limitée, liée notamment à la baisse des exportations du Canada, ainsi qu’à la diminution des expéditions en provenance de la Russie et de l’Ukraine.
Certaines des plus fortes hausses ont été observées en Asie du Sud et du Sud-Est, notamment au Brunei (35 %), en Malaisie (12 %) et au Myanmar (9 %). Aux Philippines, les prix ont également bondi de 35 %, en raison d’une forte inflation combinée à la hausse de l’huile de palme.
L’Europe en hausse alors que des baisses importantes sont enregistrées en Amérique
À l’inverse, des baisses importantes ont été enregistrées en Amérique. Le Canada (−19 %) et les États-Unis (−13 %) ont connu un recul des prix, tout comme le Brésil (−20 %), le Paraguay (−17 %) et l’Équateur (−16 %), en raison d’une offre abondante.
Toutefois, l’Argentine se distingue avec une hausse de 16 %, causée par une grave sécheresse ayant réduit les récoltes de soja.
En Europe, les prix ont également augmenté, notamment à Malte en raison d’une baisse de la production d’huile d’olive liée au manque de pluie. La France enregistre une hausse de 31 %, tandis que l’Espagne affiche une progression plus modérée de 13 %.