Crise du cacao au Ghana : coup dur pour les producteurs

Cacao prix cameroun

Credit Photo : Kina Chocolates

Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire, a annoncé le jeudi 12 février 2026 une série de réformes d’urgence dans le secteur du cacao, dont une baisse du prix à la production, afin de stabiliser sa filière en crise.

La baisse des cours mondiaux de la fève a largement perturbé le secteur, avec une agence nationale confrontée à des difficultés de trésorerie, des arriérés de paiement aux planteurs et d’importants volumes de fèves invendus.

Le cacao est la troisième source de revenus à l’exportation du Ghana après l’or et le pétrole.

Le gouvernement a annoncé jeudi abaisser le prix payé aux producteurs à un peu plus de 41.000 cedis (environ 3.700 dollars) la tonne, contre 58.000 cedis (près de 5.270 dollars) fixé en octobre dernier.

« Cette mesure est devenue nécessaire pour refléter la réalité des cours mondiaux du cacao et assurer une injection immédiate de liquidités », a déclaré le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, lors d’une conférence de presse jeudi à Accra.

Les prix internationaux du cacao ont chuté, passant de 12.500 dollars à tonne en décembre 2024 à 7.000 dollars en octobre 2025. Actuellement, la tonne se vend « à 4.100 dollars », rendant le cacao ghanéen « non compétitif » selon le ministre.

« Il est donc évident que le gouvernement doit faire baisser les prix pour pouvoir se réorganiser et contrôler l’offre sur le marché mondial, car ce sont l’offre et la demande qui déterminent les prix », a indiqué à l’AFP Francis Teinor, président de l’Association des agriculteurs coopératifs du cacao de Mankrong, un village dans le sud du Ghana.

« Nous prions pour que de bons gestionnaires soient en place, qui lorsque l’argent arrive sur les comptes, ne l’utilisent pas pour des choses qui ne font pas partie de la chaîne de valeur », a-t-il ajouté.

L’Office ghanéen du cacao (Cocobod), un organisme public qui fixe les prix, fortement endetté, est à cours de liquidités pour acheter les récoltes.

La situation s’est aggravée lorsque la production est restée inférieure aux volumes engagés dans les contrats de vente.

M. Forson a indiqué que 786.000 tonnes de cacao étaient prévues pour la campagne 2023-2024, mais que seulement 432.000 tonnes ont été produites, entraînant un déficit « inédit et inacceptable » et des pertes supérieures à un milliard de dollars.

Le gouvernement a ordonné le remboursement immédiat des arriérés dus aux producteurs et prévoit de soumettre au Parlement un projet de loi garantissant aux planteurs au moins 70% du prix brut à l’exportation.

Accra entend également réformer le financement du secteur avec des obligations locales sécurisées par les recettes du cacao et imposer, à partir de 2026-2027, la transformation locale d’au moins 50% des fèves, afin de renforcer la valeur ajoutée et assainir durablement la filière.

Pour rétablir la situation financière du Cocobod, le gouvernement sollicitera l’approbation du Parlement afin de convertir environ 5,8 milliards de cedis (environ 527 millions de dollars) de dette héritée, dus au ministère des Finances et à la banque centrale, en obligations à plus long terme.

Le secteur du cacao représente environ 10% du PIB du Ghana et dépend fortement des petits exploitants. Il fait vivre un million d’habitants, sur les 33 millions que compte ce pays d’Afrique de l’Ouest.

© AFP

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp