L’Afrique reste l’épicentre mondial de la crise alimentaire. Dans leur dernier rapport sur les « points chauds de la faim », l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) tirent la sonnette d’alarme : plusieurs pays africains risquent de connaître une aggravation de l’insécurité alimentaire aiguë entre juin et novembre 2026.
Sur les 13 pays considérés comme les plus préoccupants au monde, huit se trouvent en Afrique. Le Soudan, le Soudan du Sud, le Nigeria et la Somalie figurent parmi les zones les plus critiques où des millions de personnes sont menacées par la faim extrême.
Au Soudan, la situation continue de se détériorer sous l’effet du conflit. Selon le rapport, près de 19,5 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë.
Dans certaines régions du Darfour et du Kordofan, le risque de famine reste élevé et le nombre de personnes vivant dans des conditions catastrophiques pourrait encore augmenter dans les prochains mois.
Le Soudan du Sud n’est guère mieux loti. Plus de la moitié de la population, soit environ 7,8 millions de personnes, devrait être confrontée à une crise alimentaire ou à une situation plus grave. Quatre comtés du pays sont particulièrement exposés à un risque de famine.
Le Nigeria rejoint désormais la liste des pays les plus préoccupants. Dans l’État de Borno, au nord-est du pays, les experts estiment que certaines populations pourraient atteindre le niveau le plus critique de l’insécurité alimentaire. Les violences persistantes et les déplacements massifs de population continuent de fragiliser la région.
En Somalie, les conséquences de plusieurs années de sécheresse, des conflits et des perturbations économiques aggravent également la situation. Près de six millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et certaines zones du pays sont désormais exposées à un risque de famine.
La République démocratique du Congo figure également parmi les pays sous haute surveillance. Les combats dans l’est du pays, les déplacements de populations et la résurgence de l’épidémie d’Ebola compliquent davantage l’accès à la nourriture et aux services essentiels.
D’autres pays africains restent sous pression, notamment le Mali et Madagascar, où les conflits, les difficultés économiques et les aléas climatiques menacent les moyens de subsistance de millions de personnes.
La FAO et le PAM soulignent que les conflits demeurent la principale cause de la faim dans 12 des 13 pays identifiés. À cela s’ajoutent les chocs économiques, la baisse des financements humanitaires et les risques liés au phénomène climatique El Niño, qui pourrait provoquer sécheresses et inondations dans plusieurs régions du continent.
Face à cette situation, les deux agences onusiennes appellent à une mobilisation rapide de la communauté internationale afin de renforcer l’aide alimentaire, soutenir les agriculteurs et protéger les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.
« Nous savons déjà où se produiront les prochaines urgences alimentaires. La question est de savoir si nous agirons suffisamment tôt », a déclaré Beth Bechdol, directrice générale adjointe de la FAO.
Pour la FAO et le PAM, une intervention précoce reste la meilleure arme pour éviter que la crise alimentaire ne se transforme en catastrophe humanitaire dans plusieurs régions d’Afrique.