L’Afrique du Sud compte déployer ses soldats pendant un an dans les provinces les plus affectées par la criminalité liée aux gangs et aux mineurs illégaux, selon un programme présenté au parlement ce mercredi 4 mars 2026.
Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé le déploiement de l’armée mi-février, qualifiant le crime organisé de « menace la plus immédiate pour notre démocratie ».
Plus de 60 homicides sont commis en moyenne chaque jour dans le pays, notamment des meurtres dans le cadre d’affrontements entre gangs rivaux dans certains quartiers du Cap (sud-ouest) et des fusillades liées à l’activité minière illégale dans la province de Gauteng, où se trouve Johannesburg.
Les premiers soldats doivent être dépêchés sur le terrain courant mars et leur mission est prévue pour durer jusqu’à fin mars 2027. Ils seront à terme déployés dans cinq des neuf provinces du pays, y compris dans certains quartiers périphériques de la ville du Cap, prisée des touristes.
Les premiers déploiements, qui devaient intervenir dans les deux semaines après l’annonce présidentielle, tardent à se concrétiser, retardés par la mise en place d’une structure conjointe de commandement police/armée et une formation spécifique à la mission pour les militaires.
Le ministre de la Police par intérim, Firoz Cachalia, a défendu le recours à l’armée, expliquant à une commission parlementaire mercredi qu’il permettrait la mise en œuvre d’une stratégie plus ambitieuse contre le crime organisé.
Ce déploiement « n’est pas présenté comme la panacée », a-t-il déclaré, mais « nous avons besoin d’un nouveau paradigme ».
Le recours à l’armée en période de crise n’est pas exceptionnel en Afrique du Sud: les militaires avaient été appelés à faire respecter les strictes consignes de confinement en 2020 pendant la pandémie de Covid-19. Et en 2021, l’armée avait été déployée pour faire face à de violentes émeutes déclenchées dans la foulée de l’emprisonnement de l’ex-président Jacob Zuma (2009-2018).
En 2019 déjà, quelque 1.300 militaires avaient été envoyés en renfort de la police dans les Cape Flats, ensemble de townships et de bidonvilles à la périphérie du Cap gangrénés par la violence des gangs.