« Il s’agit d’une suspension des plateformes du groupe Meta », a affirmé mercredi soir Jennyfer Mélodie Sambat, porte-parole adjointe de la présidence, mercredi soir sur le plateau de TV5 Monde, pointant du doigt « des publications diffamatoires qui ont été signalées à plusieurs reprises et qui entravent la cohésion sociale » au Gabon.
Facebook et l’application chinoise TikTok réseaux sociaux les plus utilisés au Gabon, Youtube (propriété du groupe Alphabet, maison-mère de Google) et Instagram étaient toujours coupés jeudi, selon des journalistes de l’AFP, tandis que la messagerie Whatsapp fonctionnait par intermittence et différemment selon les opérateurs.
A la suite de cette suspension, le groupe Meta a contacté les autorités gabonaises pour entamer des négociations, a expliqué Mme Sambat.
« Cela fait déjà plus d’un an et demi qu’on fait des avertissements, y compris des signalements de ces différentes publications », a martelé la porte-parole adjointe, « il est inconcevable qu’après de nombreuses alertes du gouvernement, le groupe ne fait rien ».
Outre des publications jugées « diffamatoires », elle a évoqué des « contenus à caractère violent, voire pornographique ».
Mme Sambat n’a pas évoqué les cas de Youtube ou TikTok qui n’appartiennent pas à Meta et sont pourtant également suspendues.
Mardi soir, les autorités gabonaises avaient annoncé la suspension « jusqu’à nouvel ordre » des réseaux sociaux, invoquant notamment la diffusion « récurrente » de « contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ».
Mme Sambat a balayé les inquiétudes concernant l’impact de la suspension sur l’économie informelle du pays où la vente en ligne via Facebook est très populaire, arguant que « les plateformes du groupe Meta ne représentent pas internet ».
Interrogée sur la durée de la coupure, elle a déclaré que « les Gabonais vont attendre », évoquant « une décision assumée pour la cohésion sociale ».
Mercredi, le porte-parole de la présidence gabonaise Théophane Zamé-Nze Biyoghe avait affirmé à l’AFP que la mesure était « temporaire » en vue de « légiférer » et « encadrer » l’usage des réseaux sociaux.
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