À quelques heures de son entrée en lice face au Maroc, le Brésil n’a pas encore trouvé une solution adéquate pour combler sa plus grosse faiblesse dans ce Mondial 2026.
Sur le papier, la Seleção fait partie des favoris. Les résultats récents sont rassurants. Après avoir largement dominé le Panama (6-2), les hommes de Carlo Ancelotti ont enchaîné avec une victoire 2-1 contre l’Égypte à Cleveland grâce à des réalisations de Bruno Guimarães et du jeune Endrick. Deux succès qui témoignent d’une équipe capable de produire du jeu et d’obtenir des résultats.
Pourtant, derrière cette dynamique positive se cache un problème que le sélectionneur italien n’a toujours pas résolu : celui des latéraux.
Pendant des décennies, le Brésil a fait de ces postes une véritable marque de fabrique.
Cafu, Roberto Carlos, Dani Alves ou encore Marcelo ont incarné cette tradition d’arrières capables de défendre avec rigueur tout en apportant un danger constant en attaque. Aujourd’hui, cette richesse semble appartenir au passé.
Depuis sa prise de fonction, Carlo Ancelotti a testé pas moins de vingt-quatre joueurs aux postes d’arrière droit et d’arrière gauche.
Un chiffre révélateur des hésitations du technicien italien. Aucun titulaire indiscutable ne s’est véritablement imposé.
La situation s’est davantage compliquée avec la blessure de Wesley, considéré par de nombreux observateurs comme le profil le plus proche du latéral brésilien traditionnel.
Rapide, offensif et techniquement à l’aise, il représentait une solution crédible pour apporter de l’équilibre à l’équipe.
À cela s’ajoutent plusieurs absences importantes. Le Brésil devra composer sans Rodrygo et Éder Militão, tandis que Neymar, de retour après une longue blessure, n’a pas encore retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques. Autant d’incertitudes qui contrastent avec l’image de toute-puissance souvent associée à la Seleção.
Face à elle se dressera un Maroc qui n’a plus peur des grandes nations. Les Lions de l’Atlas ont marqué l’histoire en 2022 en devenant la première sélection africaine à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde, avant d’être éliminés par la France. Cette performance a changé le regard porté sur le football marocain, mais aussi les ambitions du groupe.
Le sélectionneur Mohamed Ouahbi a d’ailleurs affiché sa détermination avant ce rendez-vous très attendu : « Face au Brésil, nous montrerons un meilleur visage avec beaucoup d’engagement pour faire plaisir au public marocain, inchaAllah. »
L’histoire des confrontations entre les deux sélections reste limitée. Le Brésil et le Maroc ne se sont affrontés que trois fois, avec un léger avantage pour les Sud-Américains. Mais les statistiques comptent peu au moment d’entrer sur la pelouse d’une Coupe du monde.
Le Brésil possède davantage d’expérience, un effectif talentueux et l’expertise d’Ancelotti. Le Maroc, lui, arrive avec la confiance acquise ces dernières années, une organisation collective solide et la conviction qu’aucun exploit n’est désormais impossible.
Le véritable test de la Seleção ne sera donc pas seulement de gagner son premier match. Il sera surtout de prouver que ses faiblesses, notamment sur les côtés de la défense, ne suffiront pas à freiner ses ambitions de reconquête mondiale. Car si le Brésil rêve d’un sixième sacre, le Maroc entend bien rappeler qu’il est devenu l’une des nations les plus redoutables du football international.