Une importante usine est en cours de construction dans la région du Hambol en Côte d’Ivoire. Deux bâtiments imposants surgissent le long de la route nationale A3, à Kationon. Le village situé dans le périmètre communal de Katiola, région du Hambol, accueille depuis mars 2025 un chantier mené par des techniciens asiatiques.
L’Agence Ivoirienne de Presse a constaté sur place vendredi 16 janvier 2026 l’avancement des travaux de cette infrastructure baptisée « Kiklan Agro ».
Les deux entrepôts en construction affichent des dimensions respectives de 3 000 et 4 000 mètres carrés. Ils abriteront une unité de transformation d’anacarde dont la mise en service est prévue pour le courant de l’année 2026, selon les informations recueillies auprès des ouvriers. La capacité de production annoncée atteint 15 000 tonnes de produits dérivés de la noix de cajou.
Le Hambol constitue l’un des bassins majeurs de production d’anacarde en Côte d’Ivoire. Le pays a franchi en 2025 le seuil de 1,5 million de tonnes de noix brute récoltées, consolidant ainsi sa position de premier producteur mondial devant l’Inde, selon les données du Conseil du Coton et de l’Anacarde. Enfin, une position occupée depuis 2015. Le secteur génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 600 milliards de francs CFA et contribue à hauteur de 7% au produit intérieur brut national.
L’unité industrielle prévoit la création d’environ 90 emplois permanents. À cela s’ajoutent 200 emplois temporaires. Ces chiffres apparaissent significatifs dans une région où l’emploi des jeunes demeure un défi constant. Thomas Camara, maire de Katiola, a rappelé lors de la pose de la première pierre en mars 2025 que la fermeture du complexe sucrier de Marabadiassa avait plongé la jeunesse locale dans une situation précaire.
L’approvisionnement en matière première se fera principalement auprès des producteurs locaux de Katiola et des zones environnantes du district de la vallée du Bandama. La production sera destinée aussi bien aux marchés locaux qu’à l’exportation. Bref, une stratégie qui vise à valoriser la production régionale tout en répondant à la demande internationale.
Ce projet survient alors que la Côte d’Ivoire accélère sa transformation locale. Le taux de transformation locale est passé de 6,22% en 2016 à environ 30% en 2024, plaçant le pays au rang de troisième transformateur mondial, rapporte Jeune Afrique. Le gouvernement vise à transformer 50% de la production nationale d’ici 2030. Une dizaine d’usines sont actuellement en cours de construction à travers le pays.
Le Conseil du Coton et de l’Anacarde a conclu en septembre dernier des accords avec trois entreprises étrangères pour investir un total de 28 millions de dollars dans des projets de transformation. L’émirati Rosyson a également annoncé en novembre 2024 un investissement de 24 millions de dollars pour une usine capable de traiter 60 000 tonnes annuelles.